Journal #356 | Page 21

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DU MOULIN SAINT-CHRISTOPHE à la maison des Compagnons

Arrivés en 1967, les Compagnons du Devoir ont transformé le moulin d’ Épône en un lieu de formation et d’ hébergement pour des générations d’ itinérants. Après la vente du site en 2019 et plusieurs années de transition, ils y font leur retour en 2025 dans un bâtiment réaménagé.

À l’ origine, le moulin d’ Épône, nommé « moulin Saint- Christophe » comportait plusieurs bâtiments; il n’ en reste que deux principaux. Un canal de dérivation en maçonnerie équipé d’ un empellement( vanne) contournait le moulin pour réguler le débit d’ eau envoyé sur la roue. Un second canal en amont, également en pierres taillées, possédait deux empellements. Le moulin se situait dans une propriété de 14 hectares avec arbres fruitiers, vignes et prés.

Pendant des siècles, le meunier y travaillait comme locataire ou employé. Après avoir appartenu au chapitre de Notre- Dame de Paris, il passe, après la Révolution, entre plusieurs mains: d’ abord des familles parisiennes, puis des industriels. Il subit un incendie au xix e siècle, puis est reconstruit. Entre 1960 et 1964, plusieurs tentatives de vente échouent. De 1964 à 1967, un projet de résidence pour personnes âgées est envisagé, mais abandonné pour raisons techniques et risque d’ inondation, avant d’ être racheté en 1967 par l’ Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France.
UN ATELIER-ÉCOLE À L’ ORIGINE DE LA MAISON D’ ÉPÔNE Lors d’ un colloque de la carrosserie le 1 er juin 1961, il est constaté que la formation technique, y compris celle des Compagnons carrossiers, ne permet pas d’ atteindre le niveau requis
La Mauldre longe la cuisine et pénètre dans le moulin par l’ entrée du futur bâtiment d’ hébergement.
face aux évolutions récentes. Les Compagnons s’ interrogent sur les difficultés rencontrées par les jeunes titulaires d’ un CAP pour obtenir leur premier poste en entreprise.
En 1966, un atelier de formation expérimental est confié au Compagnon Roger Deschamp, aidé par le Compagnon Roland Labate. La veuve de M. Leroux, carrossier à Vitry-sur-Seine, propose la reprise de cette entreprise à Deschamp, un ancien salarié. Informé, le Compagnon Jean Bernard, Premier conseiller de l’ association, déclare: « Voilà notre prototype d’ atelier-école enfin possible » et en confie la direction au Compagnon Deschamp.
Début 1968, avec l’ aide de la Fédération française de la carrosserie, les Compagnons carrossiers aménagent à Vitry l’ Atelier Sainte-Catherine, nommé ainsi en hommage à leur sainte patronne. Pour approfondir la formation des jeunes avec une production diversifiée, l’ atelier produit des véhicules à carrosserie spéciale.
Fort du succès de Vitry, Jean Bernard recherche une propriété pour implanter plusieurs ateliers-écoles destinés aux métiers de l’ industrie. Cette recherche aboutit à l’ achat du moulin d’ Épône en 1967 pour y installer sur ses 4,6 hectares trois ateliers destinés aux carrossiers, chaudronniers et selliers.
# 356 / Janvier 2026