Cette troisième partie sera la dernière . Une villa présentée dans le numéro 1 , deux dans le numéro 2 , cinq ou six dans le numéro 3 , cela fait relativement peu . C ’ est une façon de suggérer que , malgré d ’ excellents atouts ( le nombre et la variété de ses plages – jusqu ’ à vingt , selon certaines estimations ), Saint-Nazaire a échoué dans l ’ accomplissement de sa vocation balnéaire , le port devenant – et de loin – son premier centre d ’ intérêt , puis , intimement liée au port , la construction navale . Ainsi va la vie . Elle fait fi des souhaits et des projets individuels ou collectifs : la ville ( toute ville ) a ses raisons que la raison ne connaît pas !
Le premier article te parlait longuement – grandeur et décadence au format XXL – de la villa des Charmilles ( château de Porcé ), construite sur la droite de la rue qui descend ( sur un peu moins de 400 m ) à la plage de Porcé et qui s ’ appelle – évidence – le chemin de La Plage .
Sur le chemin de La Plage , n ° 2 , la villa Les Camélias
La droite du chemin étant complètement occupée par le grand parc arboré d ’ Alcide Bord , deux propriétés s ’ installent , fin XIX e , sur la gauche . D ’ abord la villa Les Camélias , construite dans les mêmes temps que la luxueuse villa des Charmilles ( années soixante – 1860 , bien sûr ) et par le même architecte , Alphonse Pinguet ( que j ’ ai appelé Alexandre dans ma première partie ! Oh ! Shocking ! j ’ ai honte ...) à l ’ angle du chemin de La Plage et du chemin des Dames . C ’ est une villa pimpante , parfaitement conservée et qui affiche clairement , encore aujourd ’ hui , son nom sur sa façade . On y trouve des briques autour de toutes les ouvertures et aux quatre coins du bâtiment . Le reste est crépi en blanc . La porte , les fenêtres et les volets sont peints en rouge ; mais un rouge plus sombre – carmin ? cramoisi ? grenat ? bordeaux ? – que les briques des contours . Une jolie villa , qui a toujours été entretenue et qui porte très allègrement son siècle et demi bien mûr . La propriété était très grande en 1860 ; elle devait couvrir plus des 2 / 3 de l ’ espace entre le chemin de La Plage et le chemin des Dames , sa troisième limite étant le chemin des Demoiselles .
Le chemin des Demoiselles
Contrairement aux autres , dans ce coin de Saint-Nazaire , ce chemin n ’ est pas une rue , mais carrément un sentier . Dès qu ’ on y entre à partir du chemin des Dames , il est déjà très étroit : une voiture peut encore passer sans frotter – c ’ est limite . Il y a d ’ ailleurs quelques garages sur la gauche : on y pénètre sans trop de problèmes , mais j ’ ai l ’ impression qu ’ on ne peut les quitter qu ’ en une marche arrière très prudente ! Ensuite , il n ’ y a de la place que pour un piéton ou un vélo . Le chemin des Demoiselles débouche alors sur le chemin de La Plage presque en face – à vingt mètres près – de l ’ un des portails de la villa des Charmilles ( un des piliers est très visible , l ’ autre un peu moins ). On vient ( début mai 2021 ) d ’ y faire un grand ménage , ce qui permet de voir la ruine imposante et ses tags – on ne peut plus l ’ ignorer . Tant mieux .
Page de gauche La villa Les Camélias .
Ci-dessous Une vue des restes du château de Porcé , visibles depuis début mai 2021 , au bord du chemin de la Plage
( Photos Bernard Tabary ) juillet 2021 - HISTOIRE & PATRIMOINE - n ° 101 — 63