Le paysage rural ancien des îles briéronnes est singulier . Il a fixé l ’ attention de voyageurs , tel le député Frénilly en 1822 , de géographes qui se sont appuyés sur les plans cadastraux ainsi que sur des visites sur le terrain , comme Anne-Marie Charaud en 1946 , de guides de visite tel celui consacré aux îles briéronnes en 1977 , ou encore d ’ écrivains comme Alphonse de Châteaubriant ou Julien Gracq .
De l ’ origine du paysage rural des îles briéronnes
Le paysage rural ancien des îles briéronnes est singulier . Il a fixé l ’ attention de voyageurs , tel le député Frénilly en 1822 , de géographes qui se sont appuyés sur les plans cadastraux ainsi que sur des visites sur le terrain , comme Anne-Marie Charaud en 1946 , de guides de visite tel celui consacré aux îles briéronnes en 1977 , ou encore d ’ écrivains comme Alphonse de Châteaubriant ou Julien Gracq .
Mais ces écrits peuvent-ils nous aider à lui assigner une date de formation ? Et est-il analogue au paysage rural de gagnerie que l ’ on trouve en d ’ autres lieux proches ?
Les descriptions
Celle du député Frénilly ( 1822 ) 1
La première description , qui fut ensuite reprise , est celle donnée par Frénilly , le député de l ’ arrondissement de Savenay , qui , en septembre 1822 parcourant sa circonscription , gagne Saint-Joachim . Pour rendre compte de l ’ impression qu ’ il éprouve à la vue du paysage de ces îles environnées de marais , il évoque , émergeant d ’ une « plaine morte et revêtue de deuil », une « oasis en colline » offrant « une corbeille ravissante de richesse , de vie et de végétation ». Quant au paysage de l ’ île pour le décrire il a recours à une autre image , celle d ’« un œuf coupé en deux longitudinalement et posé à plat » afin d ’ illustrer sa forme ovoïde , sa topographie légèrement bombée – son centre , le point le plus élevé , étant relié , par une pente douce , à la périphérie –, et par son organisation en cercles concentriques . En effet , de l ’ extérieur à l ’ intérieur , se distingue d ’ abord un canal . De forme ovoïde , il fait le tour de l ’ île et le sépare de la « tourbière ». Implicitement , Frénilly fait allusion à des ramifications de ce canal qui pénètrent légèrement la terre ferme puisqu ’ il indique la présence des ponts . Il signale encore en certains endroits des enclos empiétant sur le marais .
Puis , se trouve un chemin , ombragé de « belles rangées » d ’ arbres , bordé vers l ’ intérieur d ’ une « rangée ellyptique » de maisons présentant un de leurs pignons au canal et séparées entre elles par des enclos plantés ; ces arbres et ces enclos offrant la plus « admirable végétation », en raison d ’ un « sol maraîcher d ’ une fertilité admirable ». Enfin , l ’ intérieur de l ’ île est occupé par un « vaste champ cultivé » traversé longitudinalement par un chemin qui passe par le centre de l ’ île où se trouve l ’ église « isolée ». Cet espace central est découpé en « une foule petits rubans » qui se déroulent du chemin jusqu ’ aux maisons . Pour Frénilly , c ’ est cette étroitesse qui explique la disposition des maisons et qui ne leur permet de s ’ ouvrir sur ce ruban que par leur face la plus modeste , c ’ est-à-dire celle de leur pignon .
Celle d ’ une géographe Anne-Marie Charaud ( 1948 ) 2
Réalisé en 1841 , le cadastre de la commune de Saint-Joachim fixe le plan des îles situées sur cette commune . Il permet une description plus précise et plus exacte , ainsi que des comparaisons , et il est le support , enrichi de visites sur le terrain , de l ’ étude de la géographe Anne-Marie Charaud . Celle-ci précise que chaque île est cernée d ’ un canal nommé curée ou chalandière dont l ’ eau s ’ insinue par des « fossés » qui jouent le rôle de port minuscule pour les chalands des habitants de la maison avoisinante . Puis , à une distance , qui varie entre 60 et 120 mètres de celui-ci , se trouve une route qui fait le tour de l ’ île dont elle suit les contours . Cette route est bordée d ’ arbres . Sur celle-ci s ’ ouvrent des édifices appar tenant à des exploitations agricoles ,
1 - Frénilly , François-Auguste Fauveau de , Notice sur l ’ arrondissement de Savenay au mois de septembre 1822 , Paris , Imp . Boucher , 1823 , p . 76-78 .
2 - Charaud , Anne-Marie , « L ’ habitat et la structure agraire de la Grande Brière et des marais de Donges », Annales de géographie , t . 57 , n ° 306 , 1948 , p . 119-130 .
148 — HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n ° 16 - octobre 2023