3.4.5 L’avis d’un référent
Guilhem de Crombrugghe, coordinateur chez Prospective Jeunesse
Une situation de consommation peut
être comprise comme la rencontre
entre un produit, une personne et
un contexte. Selon le contexte, une
consommation ne prendra pas le
même sens : boire une bière ne signifie pas la même chose si on la boit
en soirée avec les autres animateurs
que si on la boit tout seul dans sa
chambre, avant de commencer une
journée d’animation.
Produit
Contexte
Personne
En effet, dans le premier cas, il s’agit probablement d’un usage « doux » d’alcool, car il fait partie de
ce moment passé avec d’autres. Si le moment n’a pas lieu, on peut supposer que cette consommation
n’arrivera pas non plus. Dans le second cas, par contre, on est peut-être face à un usage plus « dur », car
il aura sans doute des conséquences désocialisantes sur la manière dont la personne vivra sa journée.
Parallèlement, une consommation de 6 à 8 bières, par exemple, ne posera pas les mêmes questions si elle
a lieu en soirée avec des amis que si elle a lieu dans le cadre d’un séjour, car elle aura des implications
différentes en fonction du contexte. En effet, les consommations des animateurs pendant les séjours de
vacances renvoient à un certain nombre de questions. Il y a bien sûr le rôle pédagogique de l’animateur
et le fait que son comportement soit pris en exemple par les plus jeunes. Mais la consommation peut
aussi avoir des conséquences en termes de dynamique collective : comment être présent pour animer
les jeunes si l’on a un peu trop bu la veille ?
Enfin, le contexte légal renvoie également à une certaine responsabilité des animateurs puisque, par
exemple, au-delà de 0,5 grammes d’alcool par litre de sang, ce qui correspond en moyenne chez l’adulte
à 2 verres, il est interdit de conduire. Dès lors, comment faire pour ne pas prendre le risque qu’il n’y
ait plus aucun animateur autorisé à prendre le volant s’il faut amener d’urgence quelqu’un à l’hôpital ?
Les consommations, ainsi que les contextes dans lesquels elles s’inscrivent, renvoient donc d’une part au
cadre légal, et d’autre part aux règles collectives que l’association et les groupes d’animateurs négocient
ensemble et choisissent de respecter. Quels sont les garde-fous à mettre en place pour éviter qu’une
consommation ait des conséquences problématiques sur la collectivité ? Il est bien sûr légitime de se
détendre après une journée, les animateurs ont-ils dès lors accès à d’autres ressources pour répondre
au besoin de plaisir et de détente ?
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