Guide-Repères Alimentation | Seite 30

3.4.5 L’avis d’un référent Guilhem de Crombrugghe, coordinateur chez Prospective Jeunesse Une situation de consommation peut être comprise comme la rencontre entre un produit, une personne et un contexte. Selon le contexte, une consommation ne prendra pas le même sens : boire une bière ne signifie pas la même chose si on la boit en soirée avec les autres animateurs que si on la boit tout seul dans sa chambre, avant de commencer une journée d’animation. Produit Contexte Personne En effet, dans le premier cas, il s’agit probablement d’un usage « doux » d’alcool, car il fait partie de ce moment passé avec d’autres. Si le moment n’a pas lieu, on peut supposer que cette consommation n’arrivera pas non plus. Dans le second cas, par contre, on est peut-être face à un usage plus « dur », car il aura sans doute des conséquences désocialisantes sur la manière dont la personne vivra sa journée. Parallèlement, une consommation de 6 à 8 bières, par exemple, ne posera pas les mêmes questions si elle a lieu en soirée avec des amis que si elle a lieu dans le cadre d’un séjour, car elle aura des implications différentes en fonction du contexte. En effet, les consommations des animateurs pendant les séjours de vacances renvoient à un certain nombre de questions. Il y a bien sûr le rôle pédagogique de l’animateur et le fait que son comportement soit pris en exemple par les plus jeunes. Mais la consommation peut aussi avoir des conséquences en termes de dynamique collective : comment être présent pour animer les jeunes si l’on a un peu trop bu la veille ? Enfin, le contexte légal renvoie également à une certaine responsabilité des animateurs puisque, par exemple, au-delà de 0,5 grammes d’alcool par litre de sang, ce qui correspond en moyenne chez l’adulte à 2 verres, il est interdit de conduire. Dès lors, comment faire pour ne pas prendre le risque qu’il n’y ait plus aucun animateur autorisé à prendre le volant s’il faut amener d’urgence quelqu’un à l’hôpital ? Les consommations, ainsi que les contextes dans lesquels elles s’inscrivent, renvoient donc d’une part au cadre légal, et d’autre part aux règles collectives que l’association et les groupes d’animateurs négocient ensemble et choisissent de respecter. Quels sont les garde-fous à mettre en place pour éviter qu’une consommation ait des conséquences problématiques sur la collectivité ? Il est bien sûr légitime de se détendre après une journée, les animateurs ont-ils dès lors accès à d’autres ressources pour répondre au besoin de plaisir et de détente ? 28