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MDe l’égalité formelle à l’égalité substantielle

Dans certains cas, des dirigeantes politiques ont été assignées à la préparation des repas au cours de réunions politiques et ont donc été exclues des discussions. Puis, elles ont été forcées de signer certains documents politiques par des hommes qui les empêchaient même de tourner les pages des documents pour savoir ce qu’ils contenaient. L'utilisation de termes péjoratifs pour décrire les femmes dirigeantes ainsi que des cas d'agressions physiques et verbales sont d’autres exemples de ce harcèlement politique.

En collaboration avec le Réseau national des femmes dirigeantes du Pérou , la députée Mendoza a rédigé un projet de loi sur le harcèlement politique qui a été présenté en 2012. Elle a admis que lorsque ce groupe l’a approchée, elle n'aurait pas pu imaginer l'étendue et la gravité de ce problème. Il a été difficile, comme c’est le cas pour de nombreuses formes de violences basées sur le genre, de définir le harcèlement politique à l’intérieur d’un cadre légal qui permettrait des actions juridiques efficaces, puisque le harcèlement politique est souvent subtil et ses impacts sont difficiles à quantifier.

Même si le projet de loi n'a pas encore d'être débattu par les commissions législatives, la députée Mendoza a reconnu que ce projet a contribué au débat et a mené à certaines avancées, puisque le harcèlement politique est devenu un enjeu visible et réel pour la population péruvienne. Des études et enquêtes récentes sur ce phénomène ont également permis aux politiciens et activistes de mieux comprendre le phénomène et d’élaborer des réponses plus appropriées.

La députée Mendoza prévoit que lorsque la loi sera adoptée, il sera encore plus difficile de la mettre en œuvre. Elle a mentionné que la Bolivie a déjà adopté une loi sur le harcèlement politique et cela

représente une excellente opportunité de partager et comparer les leçons apprises dans ces deux pays. Il sera indispensable de développer des réseaux de solidarité autour de cette question.

Finalement, la députée Mendoza a exprimé son accord sur la nécessité de concentrer les efforts sur l’aspect de prévention, et non pas uniquement sur la criminalisation. Au Pérou, quelques mesures préventives ont été identifiées : sensibiliser les populations au projet de loi sur le harcèlement politique, encourager des séances de débat public et faire la promotion des actions du Ministère des femmes et des populations vulnérables visant à documenter et à effectuer un suivi sur les cas de harcèlement politique.