En mars 2014, j’ai été emprisonné aux États-Unis pour un crime que je n’ai pas
commis. En quelques heures, tout s’écroule, mes entreprises et ma réputation sont
foudroyées. Enfermé dans un cachot, face à une peine de plus de vingt ans, j’ai connu
la solitude, la vraie, celle qui vient d’un désespoir abyssal. D’écrire sur des bouts de
papier dérobés à mes geôliers, m’a permis de garder un semblant de santé mentale, de
communiquer en imaginaire avec les femmes de ma vie, de survivre. De la solitude des
cellules, je suis passé à la surpopulation des prisons américaines. Là j’ai commencé à
écrire pour occuper mon esprit et faire sortir la rage qui m’habitait. En douze mois, j’ai
écrit plus de huit cents pages à la main. De ses heures de travail sont nés une
autobiographie et un roman; documents que je devais remettre en secret à mon avocat
afin d’éviter le regard scrutateur de l’état. J’ai écrit et j’écris toujours pour raconter à
mes filles les vraies histoires, leur dire qui j’étais et qui je suis.
« J’écris
depuis des années, mais
jusqu’à mon arrestation, mes écrits
consistaient dans des articles pour les
magazines et journaux de finances
anglophones. La vraie écriture, elle a
commencé le 12 mars 2014 en soirée
lorsqu’on m’a mis au trou dans le
centre de détention fédéral de Miami.
J’avais réussi à garder sur moi un petit
crayon et j’ai écrit toute la nuit dans les
marges du guide du détenu. »