Gang de Biches Numéro 1 - Septembre/Octobre 2018 | Page 26
26
FEEL GOOD
Un gentil coup de pied aux fesses pour se motiver
What
would
beyonce
do ?
Quand les filles m’ont demandé de contribuer
à ce premier numéro de Gang de Biches, ça
m’a tout de suite amené à réfléchir sur ma
passion un peu démentielle pour les gens qui
en ont. En effet, je nourris depuis que je suis
toute petite une admiration sans borne et un
peu honteuse pour les popstars, les sportifs de
haut niveau, les hommes et femmes d’affaires,
les acteurs ou encore les astronautes. Les yeux
dans les bleus, une standing ovation, Beyoncé
au SuperBowl ou l’histoire de Mohed Altrad
me font l’effet de dix Guronzan et je pourrais
quasiment vendre un rein pour interviewer Paul
icônes me donnaient l’impression que s’aimer,
rêver, avoir envie d’exceller et le revendiquer
sans se soucier du regard des autres, était
l’acte le plus révolutionnaire qui soit. Et c’est
là que j’ai compris que je n’étais en fait pas
une groupie mais que j’étais complètement
passionnée par un état d’esprit qui avait le
pouvoir de transcender les certitudes, éclater
le champ des possibles et créer de nouvelles
règles du jeu.
C’est alors comme ça que je me suis lancée en
2015 dans mes aventures entrepreneuriales.
L’objectif était d’organiser des événements avec
des personnalités ultra-inspirantes qui feraient
pleurer tes doutes, tes excuses et ta flemme en
te transmettant leurs valeurs, leur état d’esprit
et leurs secrets de réussite. Pourtant, les débuts
furent difficiles : la soirée de lancement qui vire
au fiasco, les événements vides, les gens qui ne
comprennent rien à notre projet même après
avoir lu tout notre site internet, les interviews
« la majorité des gens qui réus sissent
passent par des phases d’éch ecs »
Pogba. Le problème, c’est que j’ai toujours eu
tellement honte de passer pour une groupie
et d’assumer publiquement mon amour pour
Ja-Rule et Jenny from the Block, que je n’avais
jamais tenté de comprendre les raisons de ma
ferveur. Puis, je me suis demandée pourquoi.
Pourquoi autant d’admiration pour les bêtes de
scène, le spectacle et les paillettes ? Pourquoi
il suffit que j’entende les trois premières notes
de Crazy in Love pour passer du mode Eminem
dans 8 mile au mode défilé façon Vincent
McDoom ?
Et c’est là que j’ai réalisé que rien ne me
fascinait plus que l’extravagance, la démesure,
la confiance et l’ambition de ceux qui se
donnent les moyens de réussir. Car dans une
société où se sous-estimer est une marque de
politesse et où le mérite est proportionnel à
notre capacité à se sacrifier pour les autres, ces
avec un focus sur le pot de fleur plutôt que sur
la tête de l’interviewé, la première mauvaise
presse ou encore les premiers clients qui
demandent des remboursements.
L’ambiance Apocalypse Now de mes débuts
dans l’entrepreneuriat a cependant eu le
mérite de me faire renouer avec mon groupe
d’amis imaginaires de gens inspirants. En
effet, plus je progressais vers mes rêves de
grandeur, plus je prenais conscience que la
majorité des gens qui réussissent passent par
des phases d’échecs, d’humiliation, de ratés
répétés et d’incompréhension avant de trouver
leur créneau et de percer. Chaque moment
d’adversité m’amenait à me demander ce que
Beyoncé, Mark Zuckerberg ou Phoebe Buffay
feraient à ma place et je m’imaginais que
capituler, ne pas assumer ses idées, rester sur
des non, se laisser intimider et se soucier du