Gang de Biches Numéro 1 - Septembre/Octobre 2018 | Page 15

15 ÉCRAN TOTAL Culture média à étaler avec précaution CHANTS STERILES Avec l’essor du Net et de la digitalisation, on n’a jamais eu accès aussi facilement à l’information. Et on peut s’en réjouir, parce que le débat n’est jamais dénué d’intérêt et qu’il est de plus en plus difficile de laisser s’opérer l’injustice dans le silence. Le contrecoup, c’est que l’on peut faire un feu de paille d’à peu près n’importe quoi. On se détache trop souvent du fond pour générer du clic et susciter des polémiques vaines, qui ne servent que ceux qui les déclenchent. Voici quelques morceaux choisis du premier semestre 2018…  LE CHOC DES TITANS : 16 AVRIL LE choc journalistique. À ma gauche, Edwy - Moustache de fer - Plenel et Mad Dog - Bourdin. À ma droite, King Manu, empereur de tous les français. Il est comme ça Manu, en communicant avisé, il fait fi des modérés, il veut des challengers, et il les prend à deux (les yeux bandés, avec une seule main). De chaque côté, on promet qu’il n’y aura pas de cadeau. C’est donc parti pour 2h40 de fight ! Le lendemain, stupéfaction : les journalistes n’ont pas mis de cravate. Il y a pire… Ils n’ont pas appelé Manu « M. le Président » ! POURQUOI C’EST TOUT NUL ? Rapide survol des propos échangés : Notre-Dame-des- Landes, intervention en Syrie, optimisation fiscale, crise à la SNCF, blocus des universités, #MeToo et #BalanceTonPorc... Quelques sujets de réflexion intéressants. Qu’en retient- on le lendemain matin dans la presse ? Pas de cravate, pas de « M. le Président » et une chamaillerie polissée entre Plenel et le chef de l’État. Léger… On ne va pas disserter sur l’utilité d’un bout d’étoffe ou sur ce qu’il y a d’insultant à appeler quelqu’un par son nom. Ce qui a été insulté en revanche, c’est notre sens critique. Échelle de la stérilité : 6/10, mention « Détournement de fond »