Chapitre 3: Visions intérieures
C’ était l’ hiver ou le printemps: il se savait plus. Il savait qu’ il faisait beau alors que Mustapha sentit le froid dans le cœur, un cœur qui battait dans le vide d’ un battement au son rythmé. Il battait assez pour pomper la chaleur et le sang au corps rien d’ autre. Mustapha ferma ses yeux. Il était suffisamment concentré pour pouvoir le voir, voir son ami imaginaire, là où il était c’ était son havre de paix dans le tumulte de la guerre quotidienne avec son conscient.
L’ évasion vers un autre monde était de ce fait le moyen le plus sollicité par Mustapha pour fuir la réalité amère de ce monde, de cette terre à laquelle il n’ appartenait pas, de son village où le bourdonnement ne s’ arrêtait qu’ au temps de la prière. Il s’ était perdu dans une obscurité aveugle; l’ angoisse du quotidien noircissait ses racines; son cœur plein de regret embarquait tout seul dans une mer agitée; un coup de vent murmurait et brulait ses sentiments et ses rêves.
La lune quitta sa fenêtre. Son visage de porcelaine perdit son éclat. Il n’ avait dans son cœur qu’ une dizaine d’ années de poussière et beaucoup de vide. Le vide qui tatoua dans son cœur le chagrin et le mal. Dans son silence quelqu’ un avait kidnappé ses sentiments, quelqu’ un avait volé ses rêves et l’ avait emprisonné dans le vide. Mustapha était un cadavre en vie.
Dans cette vie désenchantée Mustapha n’ arrivait plus à s’ adapter à une réalité trop banale et accablante. Tous ses cris dans le vide l’ épuisèrent alors il s’ endormit pourvu qu’ il trouve dans le sommeil un refuge permanant qui lui fasse oublier pour quelques heures les maux de l’ âme et les blessures du passé.
L’ éclat de lever de soleil traversait son visage angélique et les rayons de lumières faisaient un signe à Mustapha de poursuivre son chemin plein d’ échec et de souffrance, tenant dans le cœur un atome d’ espoir suffisant pour lui éclairer la noirceur de ce monde.
Il ferma les paupières …