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[ voyage ] compagnons 17 tis auparavant ; du plancher à la couverture , nous nous sommes chargés de la construction de A à Z ; c ’ était vraiment très intéressant . Ici , à Quito , je fais partie d ’ une équipe de cinq personnes . Nous taillons des chantiers de lamellé-collé directement sur place que nous levons ensuite . Ces réalisations , vraiment très innovantes et variées , avec des formes hors du commun , se font en collaboration avec des architectes équatoriens .
Ce qui me plaît le plus dans toutes les embauches que j ’ ai obtenues jusqu ’ ici , ce sont les paysages qu ’ elles me permettent de contempler ! J ’ ai l ’ occasion de travailler dans des endroits naturels somptueux . Au Pérou par exemple , je travaillais en face du mythique Machu Picchu pour le compte d ’ une dame qui tenait des chambres d ’ hôtes sur le chemin de randonnée qui mène à cette merveille . Outre les meubles que je fabriquais , je l ’ aidais à rassembler ses vaches dans la montagne ou à monter de la nourriture aux touristes , à trois heures de marche depuis le village .
En Patagonie , je travaillais face à une rivière d ’ un bleu électrique , avec les montagnes en arrière-plan : les paysages étaient époustouflants ! Les moutons , les vaches et les chevaux nous regardaient travailler ( et nous réveillaient la nuit !). En Équateur , les lieux de travail sont assez diversifiés : un jour sur un volcan , un autre face à la mer ou bien à 4 000 m d ’ altitude ... Bientôt , j ’ irai - toujours dans le cadre de mon travail - sur une île aux Galápagos . Chaque site nous dévoile sa beauté et c ’ est stupéfiant . Bref , je ne me lasse jamais de contempler la nature .
Aller voir un beau paysage dans une démarche touristique ou travailler face à lui jour après jour n ’ ont rien à voir : la seconde option permet de le découvrir un peu plus chaque jour et , en quelque sorte , de se l ’ approprier . On ressent alors le sentiment exceptionnel d ’ avoir toute la beauté du monde pour soi . Les panoramas les plus exceptionnels que j ’ ai pu admirer se trouvaient en Argentine . Maxence Audibert-Amagat , Île-de- France , Aspirant charpentier , autre itinérant parti au Chili pour son année à l ’ étranger , et moi avons dormi seuls face
Guanacos , animal typique de Patagonie .
au Fitz Roy , une montagne mythique située en Patagonie et l ’ un des sommets les moins accessibles au monde . C ’ était un moment incroyable , presqu ’ irréel : nous avions l ’ impression que la montagne nous appartenait le temps d ’ une nuit .
LA SATISFACTION DE SAVOIR TOUT FAIRE Au Pérou , on travaille avec les moyens du bord , sans électricité et sans grands moyens . C ’ est parfois compliqué , mais cela apprend à se débrouiller avec ce que l ’ on a , ce qui est instructif . Au Chili , on travaille quasiment comme en France . Seul le fait de vivre en permanence avec tous ses collègues diffère . Ici , en Équateur , je dirais que la dissemblance réside dans la durée des chantiers et la coordination avec les autres corps de métiers . Nous prenons plus notre temps qu ’ en France , ce qui amène aussi à de très bons moments de partage et d ’ écoute avec les collègues .
Au Chili et au Pérou , l ’ absence de plans préétablis change radicalement l ’ approche du chantier . Tout est décidé sur le moment . En Équateur , les assemblages traditionnels sont quasiment inexistants . Tout est réalisé à l ’ aide de vis ou de plaques métalliques , ce qui n ’ enlève rien à l ’ harmonie finale de l ’ œuvre . Les jours de travail sont également assez flexibles . Il peut arriver que nous travaillions seulement une matinée ou bien du lundi au samedi , voire deux semaines d ’ affilée lors de déplacements , puis seulement trois jours . Le rythme de travail est assez aléatoire selon le travail à réaliser . Ce n ’ est pas aussi structuré qu ’ en France , mais ce changement permanent apporte un côté très agréable à mon voyage .
La première compétence que j ’ ai pu développer sur place est la maîtrise de l ’ espagnol : je peux tenir sans problème des conversations avec les locaux . Cependant , je ne les comprends pas toujours lorsqu ’ ils parlent entre eux . Je continue d ’ apprendre pour pouvoir parler espagnol le mieux possible à mon retour en France , cela me tient vraiment à cœur . Paradoxalement , ne pas comprendre parfaitement ses interlocuteurs enseigne l ’ écoute attentive . Au début , la communication passait aussi beaucoup par les regards . Je savais lorsqu ’ on parlait de moi en étudiant leurs attitudes . La parole n ’ est pas le seul moyen de communication ! Réussir à s ’ intégrer avec un espagnol hésitant n ’ est pas des plus faciles , mais quelle joie lorsque l ’ on y parvient ! Au niveau de mon métier , j ’ ai appris à construire une maison en bois de A à Z , des pieux jusqu ’ à la couverture , en passant par le plancher , les murs et la charpente . Quelle satisfaction de se savoir capable de tout faire en bois ! Je n ’ avais jamais réalisé de gros chantiers de lamellé-collé , c ’ est maintenant chose faite en Équateur . Dans un tout autre domaine , avant de partir , la cuisine étant mon point faible , j ’ aimerais apprendre à confectionner quelques plats locaux pour régaler ma famille et mes amis en France …
UNE IMMERSION TOTALE DANS LA VIE LOCALE J ’ ai vécu dans toutes sortes d ’ endroits depuis que je suis en Amérique du Sud . Au Pérou , je résidais dans une chambre d ’ hôtes destinée habituellement aux touristes . En Patagonie , nous dormions dans de grandes tentes de type yourte . Ici , en Équateur , j ’ ai un appartement dans un quartier agréable de la ville . Cependant ,
# 341 / Juin 2024