Compagnons_335_web | Page 22

22 compagnons devenir

STRASBOURG , ville de compagnonnage

Le 10 juin dernier étaient inaugurés les nouveaux ateliers des Compagnons du Devoir , implantés dans le quartier Koenigshoffen et venant remplacer ceux du 12 , rue d ’ Obernai devenus vétustes . Le 15 novembre , c ’ était cette fois l ’ extension de la maison du 2 , rue de Wasselonne qui était inaugurée . Elle comporte 55 logements sur une surface de 1 500 m 2 , pour accueillir 100 personnes supplémentaires . Que de chemin parcouru depuis le choix de ce site par les fondateurs de l ’ AOCDTF pour développer le compagnonnage en Alsace ! Jean-Louis Testevuide , La Discipline de Rivières-le-Bois , Compagnon maçon qui s ’ est investi dans la construction du nouveau centre de formation , effectue ci-dessous une rétrospective .
1948 – On ne peut évoquer les ateliers de Strasbourg sans parler d ’ abord du travail accompli par les Compagnons Jean Bernard , La Fidélité d ’ Argenteuil , et Raymond Poitevin , Raymond le Poitevin . À cette époque , venir dans cette région faisait encore peur aux itinérants de « l ’ intérieur », terme utilisé par les Alsaciens pour désigner la population vivant hors des départements alsaciens . Lors de leur campagne auprès des autorités et du patronat régional , nos deux Compagnons eurent vent qu ’ une ancienne caserne était restée vacante après le départ de ses derniers occupants allemands .
1 er juin 1949 – Ce jour , après maintes négociations , un bail symbolique d ’ un franc par an pour une durée de 40 ans est signé . En contrepartie , les Compagnons s ’ engagent à remettre en état cette bâtisse appelée « caserne Ganeval » sise au 2 , rue de Wasselonne à Strasbourg . Le mois suivant , sollicités par Jean Bernard , arrivent deux hommes qui seront les piliers du chantier de rénovation de ce bâtiment aux murs porteurs sains , mais dont le reste avait disparu ou était en ruine .
Août 1949 – Le Compagnon Gilbert Mauduit , Gilbert le Beauceron , et l ’ Aspirant Michel Laurenceau commencèrent par nettoyer les lieux pendant des semaines . Pour la rénovation , des maçons de la région furent embauchés , bientôt suivis par des couvreurs , des menuisiers et des plâtriers du Tour de France . Pour
Retour de la cathédrale du défilé , lors des Assises de Strasbourg de 1951 . Inauguration de la porte d ’ entrée en 1955 .
superviser tous ces travaux , le Compagnon Poitevin put compter sur la venue de Compagnons aguerris tels les Compagnons Despierre , Duguet et Morin . L ’ architecte de l ’ association , Henry Favier , chapeautait tout ce beau monde .
Extrait du texte de Gérard Roche , Aspirant couvreur à cette époque : « Les quelques Aspirants et Compagnons itinérants ont été tout de suite mis à contribution pour aménager un local pour y manger et dormir sur des lits de camp . Le seul point d ’ eau était situé au sous-sol où nous faisions notre toilette dans un récepteur de douche fabriqué pour l ’ occasion , l ’ eau étant chauffée sur le poêle . Les ateliers étaient installés au sous-sol du bâtiment . À ce stade des travaux , nous n ’ avions pas d ’ outillage électroportatif , nous faisions les percements et fixations à la massette et au burin . Une équipe de couvreurs était chargée de rafraîchir la toiture d ’ ardoises . »
21 mai 1952 – Une date importante pour le corps de métier des maçons : c ’ est la Réception du Compagnon Laurenceau , La Persévérance de Châteaudun , reçu à Lyon par les Honnêtes Compagnons passants tailleurs de pierre du Devoir .
En effet , c ’ est sur le chantier de la ville de Strasbourg qu ’ est né ce corps de métier . De 1950 à 1955 , plusieurs futurs Compagnons maçons passèrent par cette
# 335 / Décembre 2023