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20 compagnons voyage

UNE PLONGÉE DANS L ’ INCONNU

au Cameroun

Traversée du mont Manengouba .
Elhossain Roha , dit Percheron , Aspirant mécanicien , actuellement en 2 e année de Tour de France - après deux ans à Cholet , puis Salon-de-Provence - , travaille en ce moment au Cameroun , au nord-est de Yaoundé , dans le cadre de son étape internationale . Cette expérience en tant que technicien de maintenance sur le chantier phénoménal d ’ un barrage hydroélectrique s ’ avère riche en défis , poussant Percheron à se dépasser au fil des mois . Récit .

D eux pays m ’ ont toujours fait rêver : Cuba et la Nouvelle-Zélande . Quand il a été question de partir à l ’ étranger pour mon étape internationale , je n ’ ai pas pu les envisager puisque l ' employeur avec qui je souhaitais réaliser cette étape de mon Tour de France - la société NGE , groupe français de bâtiment et travaux publics - ne possédait pas d ’ implantation là-bas . Ils m ’ ont proposé alors de partir en Égypte ou en Uruguay pour des chantiers ferroviaires , mais ces opportunités professionnelles ne correspondaient pas à mes attentes . Je tenais à trouver un poste dans le domaine du BTP , car mon choix de carrière me pousse à me spécialiser dans ce domaine : en effet , les machines dont j ’ assure la maintenance me plaisent tout particulièrement … De plus , j ’ étais désireux de m ’ immerger dans une culture qui m ’ était totalement inconnue , dans un pays dont je ne connaîtrais pas du tout la langue . Le poste proposé par NGE au Cameroun au sein de l ’ une de ses filiales , NGE Contracting , était le seul susceptible de me convenir .

UN CHANTIER D ’ ENVERGURE NATIONALE Quand j ’ ai posé le pied sur le sol de ce pays le 5 septembre dernier , j ’ ai été très surpris par ses paysages montagneux . Je m ’ attendais à un environnement sec , alors qu ’ il est extrêmement vert . Si le contexte m ’ a paru bien moins rude que je l ’ avais imaginé , les températures se sont , elles , bien révélées très élevées toute l ’ année . Le tourisme est peu développé au Cameroun . Les seuls étrangers présents sont envoyés par leur entreprise ou viennent pour créer la leur sur place . Me concernant , j ’ étais affecté à un chantier exceptionnel : la construction d ’ un barrage hydroélectrique . Cet ouvrage , débuté en janvier 2019 , doit être livré en juillet 2024 .
La mise en service de sa première turbine est même prévue pour novembre 2023 . J ’ ai déjà eu la chance d ’ assister à la mise en eau du canal reliant le barrage à l ’ usine qui produira l ’ électricité . Le débit étant insuffisant au niveau du barrage , il a fallu créer un canal au dénivelé de 50 mètres . À terme , ce projet ambitieux porté par le gouvernement camerounais produira plus de 30 % de l ’ électricité du pays .
J ’ ai posé mes valises à la base-vie qui a été créée pour la durée du chantier au milieu de nulle part - près des chutes de Mbandjock village , dans le département de la Haute Sanaga ( la Sanaga étant le fleuve sur lequel est construit le barrage ) - , à 70 minutes de Yaoundé , la capitale . C ’ est une vraie petite ville qui possèdent deux cantines , un hôpital et une caserne de pompiers . Les ouvriers et les cadres vivent dans des habitations en dur . Pour ma part , j ' étais dans un logement individuel . De temps à autre , nous subissons des coupures de courant et d ’ eau , mais rien de bien gênant comparé à ce que connaissent les habitants du pays . Grâce à nos groupes électrogènes et à des forages , nous sommes autonomes . Nous avons même notre propre site de traitement des déchets . C ’ est NHPC , le futur
# 331 / Juillet - août 2023