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dépassement compagnons 7 déjà un lieu de détente où l ’ on trouve un four à pizza , un barbecue , un terrain de pétanque et des tables pour manger ( d ' autres aménagements vont bientôt y être installés ). Les itinérants avaient été consultés au préalable pour valider notre projet .
Normand : La ville et l ’ emplacement même sont toujours désignés par le corps de métier . Ainsi , les anciens nous ont demandé de concrétiser la conception de Québécois à partir de ses plans . Ce sujet nous a convenu et cela d ’ autant plus que nous étions libres de choisir certains éléments à intégrer au jardin . Nous avons côtoyé Québécois quelques mois , car nous sommes arrivés en avril et il n ’ a quitté Reims qu ’ en septembre pour rejoindre la Fondation de Coubertin . Pendant ce laps de temps , il a pu suivre l ’ évolution de notre travail . À partir de mi-avril , nous avons recherché des fournisseurs et effectué de légers ajustements sur les plans : il nous a fallu nous adapter au budget finalement retenu , à la réalité du terrain et aux matériaux disponibles … ou susceptibles de mieux nous convenir . Nous avons réussi à obtenir certains matériaux moins chers auprès de nos entreprises , voire gratuitement , comme par exemple les pavés qui nous ont été offerts . Nous avons aussi bénéficié d ’ un mécénat pour le paillage . Nous avons donc pu reporter l ’ argent économisé sur certains postes . Cependant , les grandes lignes du projet de Québécois n ’ ont pas bougé .
Comment s ’ est déroulée la conception ? Normand : Nous suivons actuellement une formation en design ( non-obligatoire dans le parcours des itinérants jardinierspaysagistes ) à laquelle nous nous étions inscrits sans nous projeter dans notre travail de Réception . Celle-ci nous a amenés à nous intéresser tout particulièrement à l ’ emploi de logiciels dans ce domaine . La conception ne nous a pas posé de problème , il nous a juste fallu nous montrer patients pour bien prendre en main les logiciels .
Poitevin : Nous avons vraiment pris plaisir à cette étape du travail de Réception . Pour finaliser la conception du jardin - ce qui nous a pris à deux 82 h de mi-avril à mi-juin - , nous avons utilisé SketchUp ,
AutoCAD , Photoshop , Twinmotion … Nous nous sommes réparti les tâches à effectuer sur un planning réalisé avec Excel , qui nous a aussi servi pour le chiffrage . Nous avons sollicité de temps à autre Québécois pour avoir son avis sur les petits changements apportés et appelions souvent nos parrains de Réception pour qu ’ ils nous aiguillent .
À la suite de cela , comment s ’ est déroulé le travail sur le terrain ? Normand : La Réception chez les jardiniers-paysagistes se fait en deux temps : nous n ’ avons pas le droit de débuter le travail sur le terrain avant d ’ avoir passé la première partie de la Réception , qui a lieu après validation de la conception . Une fois celle-ci derrière-nous , nous avons débuté le chantier le 9 juillet , avec comme date butoir le 15 octobre . Nous avions hâte d ’ attaquer , après plusieurs mois de préparation … À partir de ce moment-là , nous avons quasiment toujours travaillé ensemble , à part pendant nos congés estivaux respectifs , pendant lesquels nous nous sommes relayés .
Poitevin : Nous avions de nombreux matériaux et éléments à utiliser pour notre jardin : du béton , des jardinières en osier , de la brique , des végétaux , de vieilles poutres en chêne de récupération , des copeaux de bois pour habiller les massifs … Les végétaux très variés étaient des plantes médicinales , aromatiques , des vivaces , des bulbes … l ’ idée étant de solliciter les cinq sens des personnes déambulant dans cet espace . Normalement , nous devions avoir à disposition gratuitement une minipelle via une entreprise , mais cela ne s ’ est pas fait . Nous avons dû trouver une solution pour en avoir une en seulement une semaine , mais payante malheureusement ! En revanche , nous n ’ avons eu aucun problème à obtenir nos commandes dans les temps . Notre patron ( commun actuellement , mais pas au début du projet ) a été très arrangeant et nous a prêté beaucoup de machines .
Quels ont été les défis du projet ? Normand : Nous avions très peu pratiqué par le passé le type de pavage choisi , constitué de pavés de ville irréguliers . Le fait de devoir les poser les uns après les autres en arrondi a compliqué la manœuvre . Cela nous a pris environ un mois .
Puis , nous nous sommes attelés à la pose de la brique tout autour du pavage et des allées , comme délimitation , en « chaînette », pour faire les finitions . Nous savions comment nous y prendre , mais nous n ’ avions pas imaginé que cela puisse prendre autant de temps ! Nous avons alors demandé des conseils à des tailleurs de pierre ainsi qu ’ à nos collègues . Nous avions d ’ ailleurs créé un groupe WhatsApp pour que les anciens et nos familles puissent suivre l ’ évolution de notre travail .
Poitevin : Nous avons mis 30 h au lieu des 20 prévues pour aller au bout de la pose de la brique ! Il faut dire aussi que nous avions ajouté des mètres linéaires par rapport à ce qui était décidé initialement : il nous restait des matériaux , alors autant en profiter !
Normand : Nous avons dû tresser nousmêmes les bottes d ’ osier que nous avons reçues pour réaliser les jardinières et avons eu quelques inquiétudes sur le temps que cela allait nous prendre . Nous n ’ étions pas sûrs non plus que la quantité d ’ osier à notre disposition allait être suffisante . Finalement , nous avons beaucoup aimé ce travail de l ’ osier et avons même rajouté des décors dans le jardin avec ce qui restait . Même le pavage a été agrandi et il y a plus de végétaux plantés que prévu ! Nous avons aussi passé des fourreaux pour que ce soit électrifié par la suite .
Avez-vous eu de l ’ aide à différents stades de votre travail ? Poitevin : Les jeunes de la communauté nous ont donné des coups de main pour la pose du pavage , la manutention et la réalisation du béton . Il faut dire que nous étions les deux seuls jardiniers-paysagistes de la maison , à part Québécois . Nous prenions aussi des pauses pour nous détendre quand d ’ autres jeunes venaient nous voir . En août , puis début septembre , des itinérants jardiniers-paysagistes sont venus de toute la France pour nous aider tout un week-end . Cela nous a fait chaud au cœur : d ’ une part , nous avions envie de les voir et , de l ’ autre , nous étions heureux de leur montrer ce que nous étions en train de faire . C ’ était aussi très important de partager notre expérience avec celles et ceux qui le désiraient , cela donnait encore plus de sens à ce que nous vivions .
# 325 / Janvier 2023