Compagnons_325_web | Page 15

opportunité compagnons 15
Qu ’ avez-vous pensé initialement du projet à réaliser ? Robin : On nous en a fait part au début de notre seconde année , environ deux mois avant de le commencer . Le fait de réaliser notre travail en groupe nous convenait bien . J ’ ai d ’ ailleurs aimé l ’ idée de travailler la pierre , ce que je n ’ avais pas pu faire jusqu ’ ici en entreprise . Embellir l ’ entrée de la maison allait aussi permettre de donner de la visibilité à notre réalisation commune . Arthus : J ’ ai aimé le fait de devoir avancer en équipe : tout le monde n ’ ayant pas la même expérience , nous allions pouvoir nous enrichir de celles des uns et des autres . Mais le sujet en lui-même a suscité chez moi des sentiments mitigés au début : j ’ étais un peu inquiet de devoir utiliser pour la première fois de la pierre et pour un tel volume de travail ! Mais dès que l ’ on a commencé , j ’ ai ressenti un véritable engouement pour ce projet .
Comment s ’ est passée votre rencontre avec tous les autres jeunes impliqués ? Robin : En fait , nous nous connaissions tous un petit peu puisque nous nous étions croisés lors de stages ainsi qu ’ à la maison . Nous n ’ avions pas d ’ appréhension sur le fait de collaborer en bonne intelligence . Les quatre piliers ont été attribués à plusieurs équipes : j ’ étais en binôme avec Arthus , que je connaissais bien étant donné que nous étions dans la même section de formation .
Comment vous êtes-vous organisés tous ? Robin : En raison de nos emplois du temps respectifs , nous avons très rarement pu travailler tous en même temps sur le chantier . Même avec Arthus , il nous est arrivé de devoir faire un roulement . Nous étions externes tous les deux , mais nous avions la chance d ’ habiter à proximité de la maison . Nous nous retrouvions surtout le week-end pour avancer ensemble et pendant les stages . Heureusement , nous avons eu beaucoup de temps pour le faire , ce dont nous avions bien besoin parce que nous n ’ avions réellement pas le savoir-faire nécessaire au départ ! Nous avons été un peu stressés à la toute fin ; pour tout dire , nous avons terminé les finitions le jour de la correction !
Les piliers en pierre des trois Provençaux terminés .
D ’ après vous , en quoi consistaient les difficultés du projet ? Arthus : Le défi était mental ! Robin : Oui , il fallait vraiment se montrer patient avec ce matériau , parce que nous n ’ avions pas le bon geste . Les Compagnons sédentaires nous ont expliqué par la suite que l ’ on aurait pu mettre beaucoup moins de temps si l ’ on s ’ y était pris autrement . Il nous fallait rester concentrés et , certains jours , nous n ’ avons guère été productifs . Heureusement , les formateurs et le Compagnon Barreau ont su nous recadrer pour ne pas nous perdre en route .
Le jour de la correction , comment vous sentiez-vous ? Robin : Nous étions plutôt sereins , même si nous savions que les Compagnons allaient trouver des défauts à l ’ ouvrage . Mais , ils nous avaient bien expliqué que dans l ’ Adoption la technique ne faisait pas tout , c ’ était aussi notre comportement au sein de nos équipes et de la communauté qui comptait . Personnellement , j ’ étais assez satisfait du résultat . Arthus : J ’ étais soulagé d ’ être enfin allé au bout de ce projet , tellement j ’ avais eu l ’ impression qu ’ on n ’ en finirait jamais ( surtout quand on cassait une pierre !) Le rendu a finalement correspondu à mes attentes . Dans tous les cas , je n ’ ai jamais pensé abandonner . Robin : Moi non plus !
Que vous a enseigné votre travail d ’ Adoption ? Robin : Nous avons beaucoup appris techniquement : des Compagnons tailleurs de pierre sont venus nous montrer leurs outils et la façon de les utiliser . Cette année , cela m ’ est très utile dans l ’ entreprise où je travaille . De plus , nous avons côtoyé des jeunes de notre âge , alors qu ’ en entreprise nous travaillons sous la direction de collègues plus expérimentés . Nous avons dû nous montrer flexibles pour travailler sans hiérarchie et équitables dans la répartition des tâches à réaliser . Ce travail d ’ Adoption m ’ a aussi démontré que j ’ étais capable de produire un ouvrage propre et j ’ en ressens une certaine fierté . Arthus : C ’ est vrai qu ’ au début le projet m ’ a impressionné par son envergure ; au bout du compte , il m ’ a permis d ’ acquérir un nouveau savoir-faire . Je suis content de cela , mais j ’ espère ne faire des parements en pierre que de temps en temps !
Est-ce que le fait d ’ avoir vécu ce projet ensemble a créé des liens entre vous deux ? Robin & Arthus : Bien sûr , parce qu ’ on est frères d ’ Adoption maintenant ! Le changement de ville nous a réunis une nouvelle fois , mais tout à fait par hasard ! C ’ était une bonne surprise !
Et l ’ avenir maintenant ? Arthus : À la fin de mon Tour de France , j ’ aimerais créer ma propre entreprise ; mais à ce stade , je ne sais pas encore dans quelle spécialité . Je découvrirai différents matériaux lors de mon Tour , je ferai de la construction neuve , de la rénovation … tout cela m ’ aidera à orienter mes choix futurs . Robin : Déjà , il faut que j ’ aille au bout de mon Tour de France … Ensuite , je me projette dans des études supérieures pour me former à la gestion et à la conception . Cette envie pourra mûrir sur mon Tour , alors que je maîtriserai de plus en plus mon métier .
Un chantier de rêve ? Robin : Une cathédrale ! Arthus : De grands chantiers de monuments historiques ! J ’ aimerais pouvoir passer devant , quelques années plus tard , en me disant que j ’ y ai contribué …
# 325 / Janvier 2023