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réflexion compagnons 15
La Saint-Honoré 2022 à Angers .

POURQUOI des fêtes corporatives ?

Face au déroulement de certaines fêtes dites « corporatives », on peut s ’ interroger sur leur sens aujourd ’ hui . Comment faire pour qu ’ elles soient en adéquation avec les attentes de notre jeunesse tout en conservant leur message original ? Le compagnonnage prend sa source dans une société profondément croyante et religieuse . Nous avons donc hérité de traditions et de coutumes qui , aujourd ’ hui , tendent à disparaître .

L eur usage étant souvent incompris par nos itinérants , pourquoi ces fêtes corporatives ont-elles cours ? Pourquoi sont-elles placées sous la protection d ’ un saint ? Au Moyen Âge , à côté de la corporation qui comprenait les maîtres , les jurés , les prud ’ hommes et les ouvriers d ’ un même métier ( les Compagnons ont d ’ ailleurs gardé de son organisation l ’ idée du chef-d ’ œuvre , ainsi que la réception des maîtres et son banquet final ), existaient des confréries ( ou « fraternités » ou « charités » ou encore « Aumône du mestier ») très religieuses , qui rassemblaient de véritables communautés ouvrières réunissant maîtres , valets , apprentis , veuves , etc . L ’ esprit d ’ entraide et de solidarité présidait à toutes ces organisations .

DES ORIGINES RELIGIEUSES Leur fonctionnement était assuré par une partie des amendes appliquées par les corps de métiers pour non-respect de règles professionnelles ou infractions au règlement du métier . Un bâtonnier présidait ces institutions , soutenu par l ’ inévitable trésorier ; toutes étaient placées sous la protection d ’ un saint , un intercesseur auprès du « Grand Ouvrier ». Le jour de la fête du saint patron , l ’ ensemble de la fraternité se rendait en procession à l ’ église . Des participants portaient un long bâton supportant l ’ image du saint de la profession , ornée de fleurs , de longs rubans et encadrée de chandelles . Au cours de la messe , se pratiquait une cérémonie pour le remplacement du chef de la fraternité , appelée le « deposuit ».
Le bâtonnier , au terme de son année d ’ engagement , muni de son bâton orné d ’ un pommeau en forme de tête d ’ oiseau ou de bec de corbin , plaçait sa canne sur l ’ autel . Au chant du deposuit , celui qui devait reprendre la charge de la confrérie venait prendre possession de la canne - le trésorier pouvant quelquefois servir d ’ intermédiaire - au son des violons jouant des airs religieux . À la fin de la messe , tous les participants et les musiciens raccompagnaient joyeusement le nouveau bâtonnier dans sa demeure ( je suppose qu ’ une collation ou un banquet était de mise ). De nos jours , seul l ’ ordre des avocats a gardé le terme de bâtonnier pour son représentant .
# 323 / Novembre 2022