14 compagnons dépassement
DE L ’ ALLEMAGNE à l ’ Adoption
Désireuse de voir du pays après l ’ obtention de son bac , Rebekka Okoye , Eifel , Aspirante plâtrière , originaire d ’ Allemagne , a rejoint les Compagnons du Devoir pour un apprentissage en plâtrerie . Elle y a découvert tout un univers qui lui a semblé très étrange au début , en raison de la barrière de la langue , mais dans lequel elle s ’ est très vite plu . Épanouie dans son métier et au sein de son corps de métier , Rebekka a émis le souhait d ’ être adoptée . Retour sur son expérience .
B ien que mes parents m ’ aient poussée à faire des études générales , j ’ avais envie de pratiquer un métier manuel . J ’ ai fait ainsi des stages chez plusieurs artisans pour savoir lequel me conviendrait le mieux . C ’ est la réalisation d ’ enduits de plâtre que j ’ ai le plus appréciée . En me renseignant davantage , j ’ ai découvert aussi le staff , ce qui m ’ a incitée à me lancer dans une formation en plâtrerie . Je voulais faire mon apprentissage en France pour avoir une expérience à l ’ étranger , même si mon niveau de français n ’ était pas très bon ( j ’ en avais fait trois ans à l ’ école ).
UNE SECONDE FAMILLE Après avoir découvert les Compagnons du Devoir sur Internet , j ’ ai appelé le prévôt d ’ Allemagne qui m ’ a confirmé que mon inscription était envisageable . J ’ avoue qu ’ au début , en raison de la barrière de la langue , je n ’ avais rien compris aux spécificités des Compagnons du Devoir : le Tour de France , la vie en communauté , les rites … Quand je suis arrivée , j ’ ai trouvé du coup le contexte un peu bizarre ! Mais je suis restée car cela m ’ a plu . J ’ ai fait d ’ ailleurs de grands progrès en français grâce à la vie dans la maison . J ’ ai choisi la ville de Nantes parmi d ’ autres pour préparer un CAP Plâtrier-plaquiste en un an pour m ’ éloigner de chez moi ! Je n ’ ai pas regretté , car c ’ est aussi une superbe ville . À la fin de mon année à Nantes , j ’ ai été adoptée .
Eifel et des jeunes de son corps de métier le jour de son Adoption à Nantes .
Je pense que j ’ ai souhaité vivre l ’ Adoption parce que mes amies de mon corps de métier à Nantes m ’ avaient beaucoup parlé de leurs expériences sur le Tour de France . Elles m ’ ont fait comprendre que mes doutes ne devaient pas m ’ empêcher de me lancer . Effectivement , au début , je me posais beaucoup de questions : le compagnonnage , c ’ est beaucoup à assimiler quand tu arrives et que tu n ’ en connais rien ! Mes collègues de travail , aussi Compagnons , m ’ en avaient aussi pas mal parlé . J ’ apprécie beaucoup que le travail et l ’ envie d ’ apprendre soient valorisés chez les Compagnons . J ’ étais donc enthousiaste à l ’ idée de m ’ améliorer dans mon métier grâce à ce projet .
Je suis allée mi-mars voir mon formateur , Raphaël Gautier , Le Noble Cœur de Nantes , qui était aussi alors mon responsable , pour lui dire que je souhaitais être adoptée . J ’ avais quelques incertitudes , mais le plus important à mes yeux était que j ’ en avais l ’ envie . Nous avons donc commencé à chercher des projets réalisables dans la prévôté , car nous nous trouvions judicieux de faire un ouvrage
# 319 / Juin 2022