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8 compagnons innovation
L ’ équipe 1 « Marobox » a remporté le prix de la modularité et de la réversibilité pour son meuble multifonction ayant pour vocation d ’ être le lieu de travail d ’ un artisan maroquinier . À la fois table de travail et rangement , la Marobox se replie comme une armoire et se démonte pour être aisément déplaçable .
L ’ équipe 2 « Dessine-moi un atelier » a obtenu le prix de l ’ upcycling . Pensé pour s ’ adapter aux besoins d ’ un dessinateur , ce meuble-table à dessin permet à l ’ usager de changer de position de travail à volonté . Une armoire et des rangements modulables viennent compléter le cabinet de travail et séparent l ’ espace du reste de la pièce . Quasiment aucun matériau neuf n ’ a été utilisé pour la fabrication .
L ’ équipe 3 « Box Office » a décroché le prix du design . Tous les blocs de ce cabinet de travail totalement modulaire se déplacent , le plafond et la structure accueillant des rangements . Architectes ou dessinateurs y trouveront un espace de travail adapté .
L ’ équipe 4 « Flexicube » s ’ est vu décerner le prix de la performance . Son atelier assure à son usager un confort thermique et visuel grâce à l ’ isolation de ses murs , ses rangements modulables et ses végétaux . L ’ architecte pourra aisément déplacer chaque rangement sans avoir à utiliser de système d ’ assemblage mécanique .
Élodie Chebassier-Davin
Coordinatrice du pôle Énergies & environnement
Alex Blaszczyk
Chargé de mission pour le pôle Énergies & environnement
Témoignages
Équipe « Marobox » Faustine et Prune , étudiantes en architecture à l ’ ENSAPL , et Oleg , menuisier chez les Compagnons du Devoir La « Marobox » est un bureau-armoire constitué de plein de petits rangements et d ’ étagères pour mettre les patrons , les bobines et tous les échantillons . Notre but était d ’ obtenir une armoire lorsque le meuble est fermé , devenant un bureau une fois ouvert , avec un mur de rangements pour que tout soit à disposition . Tout est rétractable , pliable , démontable pour être facilement transporté . Nous avons d ’ abord eu l ’ idée de la structure avant de réfléchir au métier auquel il pouvait être utile : nous avons alors trouvé que le meuble se prêtait bien au métier de maroquinier avec tous ses petits rangements . Nous nous sommes intéressés aux besoins et outils de ce métier artisanal que nous ne connaissons pas , pour mieux le comprendre . Le surcyclage nous a permis de mettre en valeur le matériau carton alors que toute notre structure devait être en bois au départ , en lien avec le métier d ’ Oleg . Nous avons développé des stratégies pour rendre ce carton récupéré résistant . Nous avons été plutôt surpris de tout ce qu ’ on pouvait faire avec du carton , considéré comme un déchet : peut-être que , dans nos entreprises ou dans notre quotidien , nous penserons désormais au surcyclage plutôt qu ’ à du neuf . Réaliser un objet entier en matières surcyclées a changé nos habitudes .
Équipe « Dessine-moi un atelier » Isaure , étudiante en architecture à l ’ ENSAPL Notre projet est constitué de cartons récupérés dans des grandes surfaces et d ’ autres matériaux trouvés dans des bennes ou dans la rue . L ’ atelier a été dimensionné pour un dessinateur ou un graphiste sur la mesure d ’ une planche A0 , avec des espaces modulaires , comme un cabinet de curiosité . En tant qu ’ architecte , il n ’ a pas toujours été aisé d ’ anticiper le décalage entre les dessins et la réalisation , notamment pour les meubles en carton de récupération , ce matériau étant de plus ou moins bonnes qualité et dimension . Il a donc fallu redimensionner les meubles en fonction de ce qu ’ on a trouvé . Notre groupe s ’ est vraiment très bien entendu : on s ’ est fait de nouveaux amis ! Nous avons appris beaucoup de nos disciplines respectives au travers d ’ échanges très instructifs . Je conseillerais à tous les architectes de participer à ce Défi car , de manière très enrichissante , nous découvrons les métiers des autres et prenons ainsi du recul sur ce qui est constructible par rapport à ce que l ’ on conçoit sur le papier . Nous avions mis un peu de côté le thème du surcyclage au démarrage de notre projet mais , lors de sa réalisation , ayant compris que nous avions peu de moyens pour acheter des matériaux , le surcyclage est devenu une nécessité . Chercher des matériaux par nous-mêmes nous a permis d ’ effectuer des choix autant d ’ un point de vue esthétique que constructif . Le surcyclage nous a apporté finalement beaucoup de plaisir .
Équipe « Box Office » Camille , ébéniste chez les Compagnons du Devoir , et Mela , étudiante en architecture à l ’ ENSAPL Notre projet fonctionne en modules , avec optimisation des chutes , selon différents critères dont l ’ harmonie visuelle , l ’ ergonomie , le confort thermique et la contrainte écologique . La situation sanitaire actuelle a compliqué notre organisation mais , s ’ il n ’ a pas été évident de gérer les plannings de chacun , tous les membres du groupe ont bien participé . Faire se rencontrer nos deux mondes était très agréable . Être immergées dans l ’ univers du surcyclage nous a fait nous poser beaucoup de questions , même sur nos futurs métiers . Travailler autour de ces problématiques est obligatoire de nos jours mais comporte de nouvelles contraintes complexes : le fait de ne pas avoir de chutes de matières , par exemple . Cette expérience restera gravée dans nos mémoires , nous sommes fières aujourd ’ hui d ’ avoir réussi à finaliser notre projet .
Équipe « Flexicube » Aurore , jardinière-paysagiste chez les Compagnons du Devoir , Thomas et Alexandre , étudiants en master architecture à l ’ ENSAPL Nous avons eu l ’ idée de concevoir une boîte dans une boîte afin de créer une sorte de microclimat . Ensuite , nous avons souhaité maximiser la flexibilité et le confort . Sur tous nos panneaux , nous avons utilisé des bois de palettes dont nous avons adapté le format : il est possible de déplacer chaque meuble sur absolument tous les pans de mur . Tous les éléments sont réalisés en matériaux de réemploi . Ayant découvert la notion de surcyclage avec ce Défi , nous avons compris que bien des choses sont possibles avec simplement des palettes , alors qu ’ il y en a des millions dans le monde à récupérer ! Sur certains sujets , nous n ’ étions pas d ’ accord , mais nous avons su nous adapter les uns aux autres en communiquant . Les étudiants en architecture travaillent beaucoup en plans , en coupes , avec des petites maquettes , mais très rarement à une échelle 1 comme le propose ce Défi . Pouvoir appréhender la différence entre un dessin réalisé sur une feuille et la construction réelle où l ’ on évalue plus facilement les obstacles était intéressant . Nous avons pris conscience de nombreuses difficultés une fois à ce stade . Les étudiants architectes ne savent pas bien utiliser les outils et ne connaissent pas bien non plus ni leurs limites ni leurs possibilités , le savoir-faire des Compagnons a donc été très enrichissant .
# 316 / Mars 2022