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Parisienne - se sentaient capables d ’ assumer cette responsabilité ; ils ont tous eu un entretien individuel avec monsieur Guinet pour aborder des points importants de cet engagement comme la régularité , prévenir en cas d ’ empêchement , ne pas forcer l ’ élève à travailler - le plus important étant de créer du lien avec l ’ enfant plutôt qu ’ il ait de meilleures notes - , ne pas juger les familles dans lesquelles ils interviennent … Le niveau scolaire des bénévoles n ’ avait pas d ’ importance . Les jeunes sont intervenus en général auprès d ’ enfants du primaire , mais l ’ un d ’ eux a aidé un collégien et un autre une lycéenne , car ils avaient un niveau bac et bac + 2 . Les jeunes se sont engagés à intervenir une heure par semaine dans les familles , en précisant bien qu ’ ils seraient absents certaines semaines en fonction de leur planning de formation . Ils proposaient alors d ’ intervenir pendant les vacances scolaires si les familles , et surtout les enfants , étaient d ’ accord .
Patrice Guinet , s ’ est montré très content que des jeunes de l ’ AOCDTF aient rejoint l ’ association : « Ça a diminué la moyenne d ’ âge des intervenants ». Par contre , il a été compliqué pour les jeunes d ’ être réguliers dans leur suivi des enfants au vu de leurs propres emplois du temps . En effet , entre les stages et les imprévus , ils n ’ ont malheureusement pas pu honorer leurs séances d ’ entraide toutes les semaines . Néanmoins , les écoliers et collégiens ont tout de même apprécié leur présence et leur aide à domicile .
UN PARTENARIAT À RENOUVELER Malheureusement , pendant le confinement , les jeunes bénévoles n ’ ont pas pu se rendre dans les familles et n ’ ont pas pu faire cours à distance étant donné qu ’ aucune d ’ entre elles n ’ était équipée d ’ ordinateur , ou du moins ne souhaitait s ’ en servir pour cet usage . Même lors du déconfinement , l ’ accompagnement a été impossible parce que soit les familles avaient peur , soit les mesures étaient trop contraignantes pour elles ( il fallait que tous portent un masque lors de la venue du jeune bénévole ).
Nous allons renouveler le partenariat avec l ’ ESA cette année . Monsieur Guinet est à nouveau intervenu à la maison de
Villefontaine le mardi 6 octobre à 20 h , et nous avons insisté auprès des jeunes sur la nécessité de poursuivre leur engagement sur toute une année et l ’ obligation de fournir leur planning de formation à l ’ ESA et à la famille pour qu ’ il n ’ y ait pas de malentendus .
Lorsque j ’ ai échangé avec les jeunes résidents qui ont donné de leur temps , ils m ’ ont confié qu ’ ils s ’ étaient rendus compte que tous les enfants n ’ avaient pas les mêmes chances en fonction de l ’ environnement familial ou du quartier dans lesquels ils évoluent , etc . Pour certains , cela leur a rappelé les moments où ils allaient à l ’ école et que , comme ces enfants , « ils ne rentraient pas forcément dans le moule de l ’ Éducation nationale ».
Témoignages
Pour le groupe de bénévoles , cette expérience s ’ est révélée extrêmement enrichissante : ils sont intervenus dans des familles d ’ origine étrangère où les codes sont différents des leurs ; ils ont éprouvé des méthodologies pour transmettre leur savoir , testant des « astuces » pour intéresser les enfants , comme des jeux , des livres , etc . Ils ont créé du lien avec eux et leur ont donné une autre image d ’ eux-mêmes .
N ’ est-ce pas le propre du compagnonnage que de transmettre son savoir ?
Véronique De Sousa
Coordinatrice Habitat jeunes Auvergne-Rhône-Alpes
entraidescolaireamicale . org
Claire Georges , prépa métier maroquinier « Ayant eu moi-même des difficultés scolaires , j ’ aurais aimé bénéficier d ’ une aide telle que celle-ci , je comprends donc les enfants qui en ressentent le besoin . Il était ainsi naturel pour moi de donner un peu de mon temps pour soutenir un enfant , émotionnellement et scolairement parlant . Qu ’ importait la matière , même si j ’ avais indiqué une préférence pour les matières littéraires . L ’ enfant dont je m ’ occupais étant en CE2 , je n ’ ai pas eu de problèmes à l ’ aider bien qu ’ il y ait eu aussi des mathématiques à aborder . J ’ ai aidé Mathéo le temps d ’ une année scolaire tous les jeudis soirs à 17 h 30 . Les séances duraient le temps dont il avait besoin , de 30 minutes à 1 h 30 . Timide au départ car ne me connaissant pas , Mathéo s ’ est réellement ouvert à moi par la suite et était très enjoué à l ’ idée de ma venue . Cela n ’ a pas été facile d ’ emblée car il est hyperactif . Je devais donc composer de manière à ce qu ’ il reste toujours plus ou moins concentré . Comme c ’ est un garçon très désireux d ’ apprendre et de réussir , avec de la volonté nous arrivions à trouver notre équilibre . Au collège j ’ avais déjà été tutrice d ’ un élève de 6 e : j ’ ai toujours été attirée par le fait d ’ aider des jeunes dans le besoin . Personnellement , j ’ en retire beaucoup de satisfaction : voir un enfant faire des progrès grâce au travail effectué ensemble apporte beaucoup de reconnaissance . Sur le plan humain , ce fut aussi très enrichissant , puisque nous avons pu aborder des sujets dont il ne parlait pas forcément avec ses parents : c ’ est vraiment amusant et parfois très intéressant d ’ avoir l ’ opinion de l ’ enfant en face de soi ! Les enfants ont une vision si simple et réelle des choses ! C ’ est impressionnant et passionnant à la fois . L ’ enseignement , c ’ est pour moi une vocation ! »
Florian Chevalier , Manceau , Aspirant mécanicien « J ’ ai souhaité m ’ investir comme bénévole , motivé par le fait d ' assister des personnes qui ont besoin d ' aide et qui la demandent surtout . J ’ ai accompagné en français une enfant âgé de 7 ans en classe de CE1 , à raison d ’ une séance hebdomadaire d ’ une heure . Elle s ’ est montrée plutôt timide mais volontaire ; après deux séances , elle a commencé à communiquer davantage avec moi et les séances sont devenues plus plaisantes . Vu son âge et ses difficultés qui étaient très importantes , il m ' a fallu être très pédagogue et rechercher des solutions , assez farfelues parfois , pour l ' aider à comprendre ses erreurs . Ces moments m ' ont appris à être très patient et persévérant . Il m ’ a fallu créer des conditions plutôt agréables afin qu ' elle ne subisse pas les cours . Recommencer ce type d ’ accompagnement d ’ une à deux heures par séance ? Pourquoi pas ! Mais être formateur à plein temps , je ne suis pas fait pour cela : il me faut mon lot de travail manuel en entreprise ! »
# 301 / Novembre 2020