3 perspectives
LETTRE DU CONSEIL DES ITINÉRANTS
I l y a plusieurs années , il a été décidé qu ’ un petit groupe de Compagnons itinérants d ’ Île-de- France serait invité à participer aux Conseils d ’ orientation pour un an afin d ’ avoir un « point de vue d ’ itinérant » sur les sujets abordés lors de ces rencontres . Pour la période 2019- 2020 , nous avons été trois volontaires pour cette gâche : un Compagnon boursier de la Fondation de Coubertin , une Compagnon chargée de mission et une Compagnon itinérante de la maison de Paris . De cette expérience , nous sortons évidemment grandis , très informés de l ’ organisation de notre association , mais soulignant aussi des interrogations sur certaines décisions ou lignes de conduite .
L ’ une des premières remarques que nous puissions faire après avoir assisté à notre premier Conseil d ’ orientation , est que l ’ implication de ceux que nous appelons simplement « nos anciens » est beaucoup plus importante que ce que l ’ on peut observer en tant que simple itinérant . En effet , il y a un nombre conséquent d ’ élus et de bénévoles qui gravitent autour d ’ un Conseil d ’ orientation afin de prendre des décisions et mener à bien les projets de l ’ AOCDTF . Son importance n ’ étant plus à démontrer , nous nous sommes donc posé la question suivante : « Pourquoi n ’ y a-t-il pas plus de communication autour des Conseils d ’ orientation auprès des itinérants et des sédentaires non-présents ? » Certes , nous sommes régulièrement sollicités pour répondre à des sondages sur divers sujets , mais l ’ absence de retour sur l ’ exploitation de ces données est souvent mise en avant par les itinérants qui se demandent si leurs réponses sont vraiment utilisées ou même lues . Ne pourrions-nous pas mettre en place un dispositif de communication destiné aux itinérants pour les informer des sujets des travaux en cours du Conseil ?
Nous avons d ’ autres questionnements à propos de certaines enquêtes . Il y a quelques temps , un sondage a été transmis aux itinérants sur le devenir des maisons . Sur ce sujet , nous avions un point de vue différent à exposer au Conseil . Nous comprenons que les abandons soient un point sensible au sein de l ’ association , mais peutêtre que nous pourrions l ’ aborder différemment .
POUVONS-NOUS COMPRENDRE CEUX QUI NE NOUS COMPRENNENT PAS ?
Certes , l ' hébergement est une raison d ’ abandon et cela reste un point important à travailler pour rénover des maisons du Tour de France par exemple . Cependant , est-ce vraiment la raison principale de ces arrêts ? Pourrions-nous accepter que certains apprentis ne soient pas intéressés par notre mode de vie ? Sommesnous prêts à admettre que certains Aspirants ou Compagnons ne soient plus convaincus par notre fonctionnement actuel ? Nous qui sommes intimement persuadés que les méthodes de transmission compagnonniques fonctionnent , pouvons-nous comprendre ceux qui ne nous comprennent pas ? Devons-nous changer pour nous adapter au plus grand nombre ou sommesnous prêts à accepter que nous ne pouvons pas satisfaire les attentes de tous ?
Nous avons d ’ autres interrogations sur la balance Adoptions / Réceptions . Pourquoi restons-nous focalisés sur le nombre de jeunes adoptés sans faire le lien avec le nombre d ’ Aspirants reçus Compagnons ? Nous comprenons bien évidemment l ’ objectif final qui est de faire perdurer le compagnonnage avec un nombre suffisant de Compagnons reçus chaque année . Nous ignorons en revanche pourquoi l ’ on s ’ entête avec l ’ augmentation du nombre d ’ Adoptions alors que les graphiques étudiés lors des Conseils d ’ orientation montrent que plus la courbe des Adoptions augmente , plus celle des Réceptions baisse . Pourquoi la question « Comment adopter plus ? » est-elle au centre de tous les débats lors des Conseils . Et la question : « Comment recevoir plus de Compagnons épanouis dans le compagnonnage ? » moins évoquée ?
Évidemment , nous avons vu que cela commence à évoluer , avec notamment un groupe de travail mis en place pour trouver des solutions . Mais il nous semble néanmoins que le temps de discussion alloué au nombre de Réceptions reste très faible comparé à celui des Adoptions . Nous nous sommes donc interrogés : le sujet étant sur la table depuis déjà plusieurs années et les consciences des élus maintenant éclairées , le débat a-t-il vraiment évolué ? Nous posons-nous les bonnes questions lors des Conseils d ’ orientation sur ce point ?
# 299 / Septembre 2020