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défi compagnons 17 travailler et d ’ être indépendante ... Le choc des cultures est immense , mais c ' est ce que je recherchais en venant ici : être bousculée .
Malgré le cadre idyllique , faire de l ' humanitaire n ' est pas partir en vacances : ce sont de vraies missions que l ' on vous confie . Vous avez une responsabilité envers ceux pour lesquels vous vous engagez . Partir en voyage humanitaire , c ' est se retrouver face à soi-même : apprendre une langue , savoir s ’ adapter aux situations , voyager seule , découvrir , partager , vivre ses émotions ...
Pratiquer son métier n ' est pas à mes yeux une fin en soi ; alors oui je suis partie sans contrat , oui je n ’ ai pas été dans un labo pendant 6 mois . Mais je ne changerais rien . Ces six mois au cours desquels je n ’ ai pratiqué mon métier qu ’ occasionnellement m ' ont rendu plus sûre de ce que je veux et de la manière dont je veux pratiquer mon métier . J ' en ressens le manque et c ' est bien . Parce que quand je reviendrai , cela me rendra meilleure , que ce soit dans mon investissement ou encore dans mon envie de créer ...
Moment de jeu intense à Cayma au Pérou ( association Rayo del sol ).
J ' ai dû me battre pour ce voyage , pour avoir le droit de partir , de défendre mes idées et mes rêves . C ' est aussi cela que m ’ a appris le compagnonnage : ne pas abandonner et me donner les moyens d ' obtenir ce que je veux … L ' an dernier a été une période compliquée pour moi car mon projet n ’ était pas compris par les gâcheurs de mon métier . Je ne cherche pas à montrer du doigt ; mon but est simplement de faire changer les mentalités .
CE QUI NOUS RÉUNIT EST CE LIEN PARTICULIER QUE JE NE M ' EXPLIQUE PAS , CES REGARDS PENDANT LA CHAÎNE D ’ ALLIANCE , CETTE FIERTÉ DE VOIR LES JEUNES ET LES ANCIENS UNIS ET SOUDÉS PAR LE MÊME DEVOIR .
PARTIR POUR MIEUX REVENIR J ’ ai appris que le compagnonnage n ' est pas seulement la pratique d ’ un métier : ce qui nous réunit est ce lien particulier que je ne m ' explique pas , ces regards pendant la chaîne d ’ alliance , cette fierté de voir les jeunes et les anciens unis et soudés par le même devoir . Et ce devoir à mes yeux est guidé par le partage , le voyage et l ' échange . Notre Tour de France , nous l ' aimons autant que les anciens ont pu l ' aimer , mais nous l ' aimons certainement chacun de manière différente .
Aujourd ' hui je ressens l ' envie , le besoin de devenir Compagnon , de franchir une nouvelle étape . Quatre ans que je vous ai rencontrés , quatre ans pendant lesquels chaque jour qui passe est une pierre de plus à ma construction . Je vous embrasse tous mes pays et coteries . J ' espère que vous êtes heureux , que vous êtes des hommes et des femmes épanouis . Je vous aime comme ma famille et cette distance , ce voyage ne font que renforcer ce lien . J ’ ai hâte de vous retrouver , d ’ apprendre , de progresser encore et toujours à vos côtés . Vous m ' avez énormément donné , à mon tour maintenant !
Je reste disponible si vous souhaitez en savoir davantage sur l ' Amérique du Sud ou partir en mission , parce que , oui c ’ est possible , vous avez le droit de vouloir vivre autre chose pour quelques mois .
Je tiens à remercier l ' équipe du service International pour son suivi . Je remercie du fond du cœur Algérois la Tolérance qui m ’ a laissé croire à mon projet , qui y a d ’ ailleurs cru autant que moi et qui m ’ a aidé à le réaliser . Je tiens également à remercier l ’ Association ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France pour tous ces outils que vous m ’ avez donnés dans le but de me construire en femme digne , libre et généreuse . »
Lola Constant dite Toulousaine ,
Aspirant pâtissier
# 298 / Juillet-août 2020