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« Quelques itinérants moins intéressés par la démarche ont été contraints d ’ intégrer le groupe , la majorité donne le ton », sourit Guénaël . Fabien Nolay , Artésien Va Sans Crainte , Compagnon boulanger , témoigne : « Je n ' avais aucune connaissance dans le domaine des premiers secours , ce qui m ’ a poussé à accepter cette formation . Grâce à cette expérience , je me suis aperçu du nombre de mauvais réflexes et d ' idées reçues que j ' avais . »
À l ’ issue de la formation , les participants ont obtenu le diplôme de premier niveau en secourisme : le PSC1 ( prévention secours civique niveau 1 ). Ceux-ci sont capables maintenant de sécuriser un environnement , de prendre en charge une personne en détresse , d ’ adopter les bons gestes et d ’ appeler les secours , cela dans l ’ ordre chronologique le plus approprié . « Je conseille aux jeunes ce type de formation : ce sont des connaissances simples que tout le monde devrait avoir », affirme Fabien Nolay .
À L ’ ISSUE DE LA FORMATION , LES PARTICIPANTS ONT OBTENU LE DIPLÔME DE PREMIER NIVEAU EN SECOURISME : LE PSC1 ( PRÉVENTION SECOURS CIVIQUE NIVEAU 1 ).
PARÉS POUR LES URGENCES Les itinérants et presque tous les formateurs de la maison de Pantin ayant été formés , Guénaël se renseigne actuellement pour planifier une seconde session de formation : une liste de volontaires est en cours de finalisation . 17 jeunes seront cette fois concernés par cette opportunité . La première fois , cela ne leur avait pas été proposé , la priorité étant de faire former les primo intervenants - premiers Aspirants et rôleurs – qui ont des responsabilités en cas d ’ accident . L ’ année dernière , la communauté avait été confrontée à une situation d ’ urgence nécessitant une intervention rapide . Les formateurs ont également été confrontés une fois ou l ’ autre à un malaise . À coup sûr , ces épisodes éprouvants ont dû indubitablement les motiver à apprendre les gestes de premiers secours . Désormais , ils ne seront plus pris au dépourvu et sauront se montrer efficaces en cas d ’ urgence !
Marie-Laure Gendron
Correspondante journal
Témoignages
Leila Traoré , dite Burkinabé , Aspirant tapissier
« Je n ’ ai pas vraiment été surprise de la nature des enseignements ; ce qui m ’ a surtout interpellée était de découvrir que bien souvent de simples gestes pouvaient sauver une vie . J ’ ai beaucoup aimé apprendre les méthodes de réanimation cardiaque ( bouche à bouche , massage cardiaque ...) et à utiliser un défibrillateur . Aujourd ’ hui , je sais que je pourrai réagir de manière beaucoup plus efficace à des situations critiques . Je ne sais pas si toute seule je réussirais à tout faire avec sang-froid , mais j ’ espère , si j ’ y suis un jour confrontée , en être capable ! »
Meryl Navarro , Languedoc l ’ Enthousiasme , Compagnon pâtissier
« Pour être honnête , je pensais déjà connaître quelques gestes de premiers secours comme soigner une brûlure ou encore la méthode de Heimlich , mais mon savoir à ce sujet était approximatif ; finalement ce que je pensais être la bonne méthode ne l ’ était pas forcément . J ’ espérais donc apprendre un maximum de bons gestes et l ’ attitude à adopter en situation de danger , qu ’ elle soit individuelle ou qu ’ il s ’ agisse d ’ une catastrophe naturelle . Ce qui m ’ a beaucoup plu était les mises en situation : je trouve que la mise en pratique des bons gestes est importante , car elle nous aide à les retenir plus facilement . Les animatrices de la formation étaient vraiment très sympathiques : elles nous ont bien accompagnés , leurs enseignements m ’ ont paru clairs et précis ! J ’ ai beaucoup appris et en suis très contente . »
Sanaa Mefiteh , formatrice de la Croix-Rouge française
« Bénévole à la Croix-Rouge , je forme les gens aux premiers secours sur mon temps libre . J ’ avais dû passer le PSC1 car il est imposé aux candidats au CRPE ( professeurs des écoles ) et conseillé aux candidats au CAPES ( je suis enseignante en lycée ). Cette formation a été pour moi un très bon moment , je me suis donc impliquée dans d ’ autres actions de la Croix-Rouge , comme la distribution alimentaire ou la maraude . Effectivement , lorsque l ’ on rejoint cette structure , l ’ on est dans un premier temps mobilisé pour des actions sociales qui nécessitent des formations plus courtes . Se former au secourisme demande davantage de temps : environ cinq jours pour passer le PSE1 , pareil pour le PSE2 ( premiers secours en équipe ) et encore plus longtemps pour les diplômes de chef d ’ intervention et de formateur .
J ’ aime enseigner , devenir formatrice en secourisme correspondait donc à mes aspirations . En revanche , si en tant que professeur je peux adapter mes cours , les contenus de formation au secourisme sont , eux , très cadrés par les référentiels nationaux établis par la Direction générale de la sécurité civile du ministère de l ’ Intérieur . Dans le cadre de la formation PSC1 , nous enseignons les gestes de base et surtout à protéger une victime avant l ’ arrivée des secours appelés via le 15 . C ’ est aussi l ’ occasion de corriger des a priori , les idées reçues des stagiaires . Nous utilisons beaucoup d ’ images , de vidéos et des mannequins à manipuler pour apprendre par exemple à effectuer un massage cardiaque et à intervenir en cas d ’ étouffement . Nous simulons également des situations d ’ urgence en jouant de petites saynètes . Les publics sont très différents à chaque intervention , il me faut donc m ’ adapter au profil du groupe et c ' est ce qui est stimulant .
Enseignante en lycée , je connaissais déjà les Compagnons du Devoir et leurs actions avant de venir à la maison de Pantin . J ’ ai beaucoup apprécié l ’ enthousiasme et le dynamisme du groupe de jeunes . C ’ était agréable de les former , car ils étaient très réactifs : dans une ambiance cordiale , ils ont posé beaucoup de questions sensées . J ’ ai eu le sentiment que les enseignements les intéressaient et qu ’ ils les retiendraient car ils étaient très attentifs . Ils avaient déjà la posture de l ’ apprenant en arrivant . Dans leur quotidien , ils peuvent être confrontés aux plaies , aux brûlures , aux malaises et semblaient déjà assez informés de ces cas de figure . J ’ ai le sentiment que cette génération dans son ensemble a déjà vécu des événements assez difficiles : les attentats qui les avaient amenés à expérimenter le confinement dans leurs établissements de formation et maintenant le coronavirus …
Je souhaite dire aux lecteurs de ce journal : formez-vous aux gestes de premiers secours , puis entretenez vos connaissances ! Savoir informer correctement les services d ’ urgence et apporter une première assistance aux personnes en situation de détresse physique permet de sauver des vies ! »
# 295 / Avril 2020