Colloque Julius Koma COLLOQUE corrigé le 4 juin 2017 | Page 17

Francis Feidler:
Est le directeur honoraire de l’« Internationales Kunszentrum Ostbelgien » situé à Eupen. Il est aussi enseignant, plasticien. Sa pratique de l’ allemand lui a permis de « pister » les lieux de présence de Julius Koch en Allemagne et en Suisse alémanique. Avec Monsieur Wandeler, Lucerne, philologue et généalogiste, il a débusqué les racines familiales et le lieu d’ origine de la « dynastie Koch ». Faute d’ interprète, il s’ exprime en français.
1. DE JULIUS AU « GEANT CONSTANTIN » Francis Feidler( avec un fort accent allemand):
Merci. Mesdames, Messieurs, soyez rassurés, vous êtes toujours en Wallonie. Si vous entendez un français qui est petit peu comme une traduction allemande simultanée, ne vous étonnez pas: Julius Koch nous a vraiment posé des problèmes. Dans l’ autopsie du docteur Dufrane que vous connaissez peut-être, écrite en 1903, une demi-page parle de la provenance de Julius Koch. La seule chose qui y est exacte, c’ est qu’ il est de Göppingen. Mais il n’ est pas né en 1872 mais en 1873. Les lieux et date de naissance mentionnés dans la documentation proposée au Muséum sont erronés. Quand on m’ a invité, j’ ai fait des recherches à Göppingen, près de Stuttgart: sans réponse puisque la date de naissance n’ était pas juste. C’ est en 1873 qu’ est né Julius Koch. Dans le rapport d’ autopsie, la seule piste officielle, était une notation qui mentionnait un oncle qui mesurait 2m03, au 19 ième siècle, que cet oncle était un capucin et qu’ il venait de Sursee en Suisse, à côté de Lucerne. Il y a un an, je ne savais rien de Julius Koch, donc pour moi c’ était nouveau également. Nous nous sommes fait aider par Monsieur Wandeler. Il habite Sursee et est très lié à l’ histoire et à la généalogie de la région. Il nous fut d’ une grande aide. Julius Kock est né à Göppingen mais l’ a quittée à l’ âge de quelques mois. On n’ y trouve pas de traces. Il faut savoir que la Suisse au 19 ième siècle était un état très pauvre. Le tourisme n’ existait pas, les familles étaient très nombreuses. Comment nourrir leurs enfants? Toutes les voies de communication à cette époque n’ étaient pas faites, ni ferroviaires, ni routières. Il y avait bien le Gothard mais c’ est en 1873 qu’ on a commencé à y faire la voie ferroviaire. Beaucoup de trafic vers l’ Italie mais les gens ne pouvaient pas vraiment en profiter. Pendant l’ hiver, on envoyait les enfants et les individus inutiles au travail de la ferme colporter, vendre des petits objets, des montres, des épingles et tout ce qu’ on fabriquait pendant l’ été, vers les autres pays et surtout vers le sud de l’ Allemagne, le Bade-Wurtemberg voisin. C’ est là qu’ est né le géant. Son père a toujours voyagé, il était peintre. Il voyageait de part et d’ autre de la frontière sans domicile. Son grand-père était un ramoneur. Nous sommes devant une famille instable. Pour nos recherches, on voulait aller d’ abord à la maison communale de Ruswil avec Werner Wandeler. Rendez-vous au cimetière, comme Jean-Pierre Denefve aime bien les cimetières. Le généalogiste y trouve déjà des données sur les tombeaux, avec des noms comme une petite idée de la culture locale. Ruswil semble riche, et, bien entretenu. Dans l’ église, une chaire pour prêcher est belle quoique lourde, baroque.
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