Compétences
À l’ arrière, nous avons la grande baie et les quatre petites fenêtres. C’ est une baie un peu plus complexe à construire, que l’ on a aussi rationalisée avec Sébastien. On lui a donné une proportion verticale qui lui permettait de monter tout cela sans coffrage. C’ est seulement pour la partie du haut qu’ il devait y avoir un petit coffrage en bois, limité, qui lui permettait de faire cet arc. rigidité. Il est armé, coulé. La pierre, c’ est assez souple. Un mur avec cet élancement peut très vite tomber. Il fallait le raccrocher au plancher bois. Le plancher bois et le chevronnage bois sont très importants pour tenir le système constructif. Nous avons un petit chaînage horizontal en béton armé, de 8 × 15 centimètres, qui ceinture toute la maison et vient raccrocher la maison au plancher.
Voilà les coupes des parois en détail. Nous avons fait le choix d’ une isolation en laine de bois. Cela a été étudié avec Terranergie, notre bureau d’ études thermiques. Nous avons 12 centimètres de laine de bois, avec un petit vide de 2 centimètres entre la pierre et la laine. Ensuite, nous avons un frein vapeur perméable, qui permet à la vapeur d’ eau de sortir, une petite laine de coton Métisse, en 45 millimètres, puis le placo.
C’ est le modèle en pierre, dessiné par Sébastien( voir illustration P4.26). La jeune génération des Compagnons a ce savoir-faire traditionnel, mais aussi l’ outil informatique. On a pu faire du BIM sur cette petite maison, notamment entre le pierreux et le charpentier, car les deux avaient la même méthode de dessin. Nous avons pu tout dessiner pour que tout soit bien cohérent.
En haut, on n’ en a pas besoin. Verticalement, on n’ en a pas besoin non plus parce qu’ on fait juste un chaînage traditionnel avec les pierres qui s’ emboîtent. Voilà les élévations de ces murs.
Je me suis permis, en accord avec Sébastien, de montrer l’ évolution du prix de la maison sur les devis. Entre le devis à 115 000 euros et celui que l’ on a redescendu à 95 000 euros, on voit que le prix augmente sur l’ étude d’ exécution. C’ est là que l’ on a besoin d’ ingénieurs pour nous permettre d’ affiner tous les éléments et de trouver un système collaborant entre la pierre et le bois. Ensuite, on est beaucoup moins cher sur les arcs, car il n’ y a plus qu’ un seul arc un peu complexe. Nous avons également des linteaux qui restent là— il y en a peut-être un peu plus, d’ ailleurs.
Ensuite, il y a la question du mur couvrant en pierre, qui est ici à environ 250 euros du mètre carré, prix qui me semble assez raisonnable. Un mur à ossature bois coûte 150 euros à 200 euros, plus 100 euros de bardage extérieur. On n’ est pas si éloigné. Le pisé, aujourd’ hui, atteint des prix à 800 euros du mètre carré. La pierre a une certaine réalité économique.
Ces prix sont à prendre avec des pincettes. Sébastien pense que 10 % de plus de chiffrage auraient été bienvenus. On a eu quelques aléas de chantier complexes. On a eu de la pluie et quelques problèmes, mais rien de catastrophique.
P4.26
Je montre un peu les photos de chantier. C’ est l’ équipe de Sébastien. Ce sont des équipes
Il y a quelques détails intéressants, comme ce petit retrait pour poser le chevronnage audessus, des encastrements pour les poutres principales du plancher, les appuis de fenêtre en pierre. La différence entre l’ assise porteuse, qui forme les plates-bandes, et la pierre d’ appui au sol. Voilà tous les détails de cette maison.
La maison s’ est épaissie de 20 à 25 centimètres. On a fait tout ce travail à trois voix avec Marine, qui est arrivée dans l’ histoire parce que, à un moment, il fallait être plus fin et il fallait réussir à trouver les solutions pour cette maison.
P4.27
Cette maison, en façade fine, ce n’ est pas du tout comme du béton. Le béton a une grande
89 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL