Emploi un clou, mais super content et bien dans ma peau.
Il y a plein de choses comme celles-là qui ne sont pas démontrées. On a une grosse opération de communication à faire, beaucoup plus fine et efficace que ce qui se fait maintenant.
Mme Goutagny.
Bonjour, Michelle Goutagny, des Compagnons du Devoir.
J’ ai une question pour M. Laurent Marmonier. J’ ai trouvé votre intervention sur les orienteurs intéressante. J’ ai l’ impression que beaucoup de ceux qui travaillent au niveau de l’ orientation et au niveau des jeunes ne connaissent pas les métiers, ou pas très bien. Comment pourrionsnous faire en sorte qu’ ils soient davantage concernés par les métiers manuels et qu’ ils puissent être prescripteurs de ces métiers manuels?
Merci.
M. Marmonier.
Je vais vous donner un exemple que l’ on va mettre en œuvre dans le département de l’ Isère, en octobre. Nous allons faire une journée portes ouvertes dans un lycée technique du bâtiment, le lycée Ferdinand Buisson à Voiron. Au lieu d’ inviter seulement les collégiens, comme on le fait d’ habitude, nous invitons tous les personnels de collège. Le thème est la maçonnerie. Nous sommes en train de monter le programme. Nous allons les faire pratiquer. Ce sera pour eux une première découverte du métier.
Ils ne vont pas en saisir toute la complexité, toute la reconnaissance sociale qui va derrière, mais nous allons travailler petit à petit à cela.
Nous aimerions aussi que, du côté de France Travail, il n’ y ait plus ces codes ROME et autres, qui désignent nos métiers par des chiffres. Cela a sûrement sa logique, mais cela ne fonctionne pas très bien, pour l’ instant, à France Travail. Il y a les orienteurs de formation initiale et les orienteurs professionnels de France Travail. Ce sont des personnes qui ne connaissent pas les métiers.
Je suis tombé sur un proviseur sympathique, qui a compris qu’ il fallait relocaliser la production en France. Il suit la directive de l’ État, ce qui n’ était pas le cas de son prédécesseur. Avec lui, on va sensibiliser les gens, en leur faisant faire des murs en pisé. Nous n’ avons pas de pierre dans ce lycée, mais nous essaierons.
Une intervenante.
Bonjour. J’ interviens pour la troisième fois, je vous remercie de prendre mes questions à chaque fois. J’ ai participé récemment au Forum des métiers de l’ architecture, avec un travail assez important entre des ENSA, des écoles nationales. Ce forum qui a eu lieu à Paris était à destination des étudiants en fin de formation et des jeunes diplômés.
On a cherché, grâce à un réseau assez étonnant, à ne pas présenter que les possibilités professionnelles vers l’ architecture. Il y a des reconversions assez importantes dans un réseau d’ architectes, vers des métiers qui incluent l’ artisanat. En l’ occurrence, dans mon réseau spécifique, plusieurs architectes se sont reformés, ont fait des CAP après avoir été diplômés en architecture. Il y a une synergie dans la reconversion professionnelle de nos métiers. Deux camarades de promotion sont ainsi devenus maçons, sont repartis du statut de manœuvre et, au fur et à mesure, ont croisé des compétences. Le fait d’ assumer que la jeunesse peut s’ étirer et que l’ on est encore assez jeune quand on sort d’ une formation de certes 5 ans permet d’ aborder une vie professionnelle vers l’ artisanat qui est assez intéressante.
Les liens avec les ENSA pourraient être une voie à aborder. Nous, en tant qu’ étudiants, nous sommes amenés à faire des stages ouvriers, mais nous sommes très déconnectés, car cela dure très peu de temps.
M. Le Bihan.
Merci pour cette chouette remarque, qui souligne une autre manière d’ apprendre l’ architecture, par le faire, en allant directement au contact des métiers.
Il y a une autre vitrine des métiers dont nous n’ avons pas parlé: la compétition WorldSkills. Ce sont les Jeux olympiques des métiers, pour faire un parallèle très rapide. C’ est la compétition internationale des métiers « à part manuelle ». On y trouve les jeunes dans les filières du bâtiment, du numérique, des métiers du goût, toutes les filières possibles, à partir du moment où les jeunes peuvent s’ exprimer par leur travail.
La France n’ accueille pas que les JO cette année, mais aussi les finales internationales des métiers. Cela se passera à Lyon, du 10 au 15 septembre. Si vous souhaitez voir des jeunes exprimer tout leur savoir-faire, des jeunes « calés » car, pour arriver à ce niveau de compétition, il faut qu’ ils « touchent » un peu, je vous invite à aller à leur rencontre. Ce sera aussi l’ occasion, pour les professionnels de la pierre par exemple, de soutenir Mickaël Rebelo Pereira, qui représentera la France à cette finale internationale.
113 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL