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Emploi
Sur les chantiers gérés par des artisans, nous sommes en sécurité. Pour le parent, pour l’ orienteur, c’ est capital de faire cette communication, et que l’ on fasse découvrir.
Si moi qui suis issu d’ une famille de travailleurs de bureau, j’ ai pu accéder à des métiers artisanaux, c’ est parce que j’ ai suivi des programmes comme ceux présentés. J’ ai pu aller voir dans les ateliers. C’ est cela qui m’ a fait envie et qui m’ a permis d’ aller vers un métier artisanal.
M. Le Bihan.
Complètement. L’ enseignement général est déjà un peu présent dans nos métiers. Marina, tu le mets en lumière avec le programme Manufacto. Les jeunes apprennent à composer un projet à finalité de réalisation. Au sein de nos métiers, on peut le remarquer: qui mieux qu’ un maçon connaît Pythagore sur le bout des doigts, parce qu’ il implante des murs d’ équerre avec un cordeau ou un mètre, sans outil ni règle particulière?
M. Le Bihan. Merci, Laurent.
M. Cordier.
Il n’ y a pas mieux que nous pour représenter le métier que l’ on a choisi.
Quand on fait des journées portes ouvertes et que l’ on voit des jeunes heureux de faire ce métier, cela donne envie à beaucoup de monde, au moins de jeter un œil: « Quelle est la finalité du métier? ».
Aujourd’ hui, nous en appelons à tous les artisans, tout comme à notre métier. Si un couvreur ramenait un couvreur par an en formation, ce serait énorme. Si chaque Compagnon couvreur ramenait un jeune par an, cela remplirait nos sections à 110 %.
M. Le Bihan.
Il n’ y a pas de meilleur ambassadeur que l’ ouvrier du métier, le représentant du métier.
M. Marmonier.
Une dernière chose, très vite: ce qui inquiète les parents, c’ est la capacité d’ évolution de leurs enfants. Ils se disent: « S’ ils font un métier manuel, ils vont rester à un poste d’ exécutant toute leur vie ». Plus on introduit de la culture générale et de la compréhension globale du monde dès les premières formations, plus les jeunes vont être agiles et capables de monter dans la hiérarchie des entreprises. C’ est quelque chose qui se développe aujourd’ hui. Tout n’ est pas à faire. Il y a de la transversalité entre les enseignants, entre les parties techniques / ateliers et les parties enseignement général. Il ne faut pas s’ arrêter en si bon chemin. Ce sont vraiment des choses à développer. Plus quelqu’ un comprend comment se passe un chantier, le côté financier et toute la circulation des matériaux sur la planète, l’ énergie, etc., plus il va être apte à évoluer facilement et efficacement en tant que professionnel.
Il est important de valoriser tout le savoir qui existe dans nos métiers, au-delà du savoir-faire, dans une complémentarité.
Merci à vous trois pour vos regards.( Applaudissements.)
Nous avons quelques minutes, si vous avez quelques questions.
Mme Berdaguer.
Bonjour, Marie-Cécile Berdaguer, directrice du Fonds de dotation Verrecchia.
Dans le cadre de nos actions, au Fonds de dotation, on va travailler avec les jeunes publics et les cursus académiques pour leur faire découvrir la pierre, notamment par le biais d’ ateliers de pratique artistique. C’ est important, par le biais de l’ art et de la créativité, de comprendre et de résoudre des problèmes complexes dans la vie, comme vous le signalez, Laurent, très justement. Ces métiers « à part manuelle » font face à des problématiques complexes, qu’ il faut résoudre tous les jours. C’ est important de développer sa créativité dans ces métiers.
Je voudrais vous féliciter, d’ ailleurs, tous, pour votre travail de transmission auprès du grand public, pour pouvoir faire découvrir ces métiers.
Un argument peut-être très intéressant. Laurent, vous le mentionniez en tout début d’ intervention: le fait que l’ on ne se définisse pas aujourd’ hui par notre métier, mais par le sens que l’ on veut donner à sa vie et par les choix que l’ on va faire à travers ces actions. On va travailler dans des métiers porteurs de sens, des métiers manuels, et a fortiori dans la pierre, dans des métiers porteurs de transition écologique, ce que recherchent les jeunes aujourd’ hui. C’ était plus une remarque générale.
M. Le Bihan. Merci pour ton observation.
M. Aubertin.
111 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL