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Emploi

Conférence I Quelles stratégies d’ attractivité pour demain? M. Le Bihan.

Merci à tous les trois d’ être présents aujourd’ hui pour partager votre retour et vos différentes expériences, vos différents regards sur le sujet. Vous avez trois prismes différents par rapport à ce sujet.
Sur cette table ronde, on ne va pas parler exclusivement de pierre. Il est important d’ échanger sur le fait qu’ il y a un constat, au niveau du bâtiment, en règle générale, aujourd’ hui. On questionne beaucoup la désirabilité dans les métiers du bâtiment. On constate aussi le besoin en main-d’ œuvre de manière globale dans le secteur du bâtiment.
Ce matin, Albane Gaspard nous partageait, en lien avec les défis à venir dans le secteur du bâtiment, des enjeux en terme en création de postes dans le secteur du bâtiment.
Laurent, au sein de la CAPEB Isère, vous avez entrepris cette année un cycle de réflexion autour de la valeur travail et ce que cela représentait pour vous. J’ imagine que c’ est un sujet considéré comme important au sein de la CAPEB. Peux-tu nous dire pourquoi avoir lancé ce cycle, le regard que tu portes sur les besoins des entreprises artisanales, et les causes?
M. Marmonier.
Merci de m’ avoir convié à ce temps d’ échange. Bonjour à toutes et à tous. Merci à tous les intervenants d’ avoir présenté les projets que l’ on a vus. C’ est l’ aboutissement, pour ma part, d’ une trentaine d’ années de pression et d’ évolutions possibles. Ne serait-ce que la collaboration entre les planchers bois et les murs maçonnés, ce sont des choses que l’ on porte depuis très longtemps dans le métier. Quand on parlait de cela il y a 30 ans, on nous disait: « Ce n’ est même pas la peine d’ y penser ». Aujourd’ hui, on a vu plein de choses intéressantes. Cela fait vraiment plaisir. Dans les CAPEB, Confédérations de l’ artisanat et des petites entreprises du bâtiment, on assiste à des mutations multiples, qui étaient plus ou moins en genèse depuis la crise du pétrole: le rapport à l’ eau, le rapport à la ressource dont nous avons beaucoup parlé ce matin, le rapport à l’ énergie. Depuis quelques années, documentée depuis les années 2010 aux États-Unis, on voit une évolution forte du rapport au travail ou de la valeur travail.
Le bâtiment, en France, c’ est 98 % d’ entreprises de moins de 20 salariés, énormément d’ entreprises de petite taille, avec un relationnel patron-salariés quotidien. Aujourd’ hui, cela coince un peu. Pourquoi? Il y a toujours eu, de tout temps, une difficulté de relation entre les générations. Quand je lis les lettres de ma grand-mère, qui était boulangère à Paris, elle avait déjà des soucis avec les vendeuses en 1945.
Les attentes sont différentes. D’ une part, nous avons moins de monde. Cela fait 15 ans que la natalité baisse en France, de 1 % ou 2 % en France. Cela commence sérieusement à coincer au niveau de l’ embauche. Tous les secteurs sont en difficulté de recrutement; la fonction publique, le bâtiment. Nous ne sommes pas les seuls touchés. Cela devient de plus en plus difficile de recruter, ne serait-ce que parce qu’ il y a moins de monde. D’ autre part, les attentes sont différentes. L’ attente du chef d’ entreprise, c’ est d’ avoir des jeunes impliqués dans l’ entreprise, qui viennent 35 à 40 heures par semaine, qui portent un maximum des problématiques de l’ entreprise. L’ idéal serait qu’ ils comprennent le coût horaire et tout le fonctionnement d’ une entreprise.
On s’ aperçoit que les plus jeunes ont envie de se construire, de passer beaucoup de temps à l’ extérieur de l’ entreprise. Ils se définissent de moins en moins par leur métier. Des jeunes disent: « Je m’ occupe de telle cause, de cela ». Ils ne disent pas: « Je suis maçon, tailleur de pierre ou plombier ». Ils disent: « Je suis à Greenpeace ».
105 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL