John McIlveen a travaillé pour la SCHL avant d’ entrer au service de CDL en 1951. Gestionnaire régional de l’ Ontario, pendant un certain temps, il y a aussi occupé le poste d’ ingénieur en chef. En 1985, au moment de prendre sa retraite du siège social, à Ottawa, il était vice-président principal.
Après les castors, un drôle d’ oiseau … Pagwa, 1953— John McIlveen L’ histoire se passe à Pagwa, à mi-chemin entre Nakina et Hearst, à un ancien aérodrome de secours du ministère des Transports près de la ligne de chemin de fer transcontinental du Canadien National entre Montréal et Winnipeg. Aucune route ne se rendait à Pagwa. Deux fois par semaine, un train de marchandises, tirant aussi une voiture à voyageurs et à bagages, s’ arrêtait au site. Mais pour ceux qui manquaient ce train, il y avait la draisine de Nakina, beaucoup plus fiable avec son moteur à essence.
Le drôle d’ oiseau, appelons-le Alexis, avait été embauché comme inspecteur des services pour travailler à Pagwa. Il effectuait ses inspections des routes, des services souterrains et de l’ aménagement paysager à cheval, après avoir fait venir sa monture parmi ses bagages. Les inspections à cheval, c’ était une habitude qu’ il avait prise lors de son dernier emploi à la direction du lac, et il n’ avait pas l’ intention de changer, ni pour la SCHL ni pour quiconque( il n’ a effectivement jamais changé).
Pour certains, l’ isolement de Pagwa était un vrai charme, mais pour d’ autres, c’ était difficile à supporter. Alexis, lui, a fini par craquer. Un jour où il n’ y avait pas de train de prévu, vers la fin de l’ été 1953, un groupe de liaison de l’ ARC et de l’ USAF a quitté Nakina à bord de la draisine pour venir faire une visite du chantier à Pagwa. À mi-chemin, nous avons dû nous arrêter à cause d’ Alexis qui remontait la voie ferrée à cheval, ses affaires attachées à la selle. La curiosité l’ emportant sur notre étonnement, nous lui avons demandé ce qu’ il faisait. Alexis nous a murmuré qu’ il n’ avait plus rien à faire à Pagwa et qu’ il nous quittait pour l’ animation de la ville, Winnipeg, à plus de 800 km à l’ ouest. Il n’ en pouvait plus. Après avoir contourné la draisine, il est parti, poursuivant son chemin vers le couchant.
Je ne l’ ai jamais revu, mais j’ ai entendu dire, plusieurs mois après, qu’ il s’ était effectivement rendu à Winnipeg. Comment? On ne le sait pas. Il était heureux d’ avoir retrouvé la civilisation, semble-t-il.
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