Brumaire Numéro 24 - Page 2

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Lundi 14/09/2020

En bref...

https://francebonapartiste.fr

Jean-Marie Bigard obligé de fuir face à des gilets jaunes.

Bienvenue dans la réalité, monsieur Jean-Marie Bigard, d'un mouvement aux mains de l'extrême-gauche la plus crasse. Le jaune des débuts a fait place au rouge le plus vif ... Celui de l'intolérance, de la violence, de l'inutilité ...

le mouvement des gilets jaunes a été infiltré et manipulé par les activistes rouges/

bruns ... Ce qui est dommage c'est que certains médias, parfois bons, aient soutenus

les Rodrigues et autres tartuffes qui ont pris le contrôle de ce mouvement social

légitime à la base même s'il était "brouillon".

« Incohérences d’été »

La reprise de l’épidémie de la Covid-19 et la canicule constituent depuis un mois l’essentiel de l’actualité télévisée en France. Il est vrai qu’il est plus simple de réaliser un micro-trottoir sur la température ressentie que d’analyser les problèmes nationaux et internationaux ainsi que la cohérence des solutions à apporter.

La reprise de l’épidémie de la Covid-19 et la canicule constituent depuis un mois l’essentiel de l’actualité télévisée en France. Il est vrai qu’il est plus simple de réaliser un micro-trottoir sur la température ressentie que d’analyser les problèmes nationaux et internationaux ainsi que la cohérence des solutions à apporter.

Armées : actions et dissuasion

Au Sahel, la pandémie n’autorise pas de pause dans l’effort de lutte contre les terroristes ; au contraire, les missions opérationnelles s’accélèrent. Elles ne durent pas 2 mois comme le confinement, mais 4 mois d’efforts intenses dans la steppe africaine desséchée par la chaleur de l’été. Les masques chirurgicaux que nous devons porter semblent bien peu contraignants au regard des 10 kg que pèsent le casque et le gilet pare-balles de nos soldats. Et, là-bas, point d’applaudissements le soir à 20 h, ni de participation au défilé le 14 juillet pour recueillir les remerciements de la Nation. En outre, ces missions extérieures n’ont pas empêché les armées d’assurer une bonne partie de la logistique et de la protection des dépôts de matériels sanitaires sensibles nécessaires aux hôpitaux et aux médecins. Enfin, le niveau des missions permanentes, de dissuasion et de sûreté, a été maintenu compte tenu du contexte international.

Mais comment nos troupes peuvent-elles espérer vaincre définitivement les groupes de terroristes islamistes au Sahel si ceux-ci sont renforcés par les forces résiduelles de Daech vaincues en Syrie mais recyclées, soutenues et engagées en Libye par les Turcs ? Il est probable que les Français n’accepteront pas de continuer à combattre et à mourir en Afrique si la France ne se montre pas inflexible face à la Turquie, quels que soient les appels à la modération des États-Unis. Elle se doit de dissuader fermement Ankara d’envoyer des forces en Libye qui accroissent la menace islamiste sur la Tunisie et les pays du Sahel.

La sécurité n’a pas de prix ?

Une jeune gendarme a été tuée il y a quelques semaines en tentant d’arrêter un conducteur délinquant qui passait en force un barrage routier. Il y a quelques jours, le conducteur d’un poids lourd prend la fuite à la suite d’un contrôle routier positif. Après avoir percuté un véhicule de la Gendarmerie, il est neutralisé par le feu par un gendarme. Ce dernier, laissé libre, est néanmoins mis en examen pour homicide involontaire…

Face à la recrudescence de ce type de comportement éminemment dangereux, les forces de sécurité intérieure se doivent de réagir vigoureusement et la justice doit sanctionner lourdement ces crimes et délits. Les citoyens ne comprendraient pas que les policiers et les gendarmes n’utilisent pas, si la situation l’impose, les armes dont ils sont dotés pour faire respecter la loi et assurer la sécurité dans l’espace public.

15 août 1944 : mémoire et fierté

À partir du 15 août 1944 plus de 260 000 soldats français de l’armée B, qui deviendra la 1ère armée, débarquent en Provence aux ordres du général de Lattre de Tassigny. Ce sont des Français libres évadés de France, des soldats des troupes coloniales venant d’Afrique subsaharienne, mais surtout ceux de « l’armée d’Afrique » dont les unités nord-africaines, très majoritaires, comptent plus de 80 000 Européens « pieds noirs » aux côtés de 130 000 Algériens et Marocains. Ces troupes de toutes origines, aguerries pour certaines en Italie où elles avaient largement contribué au succès des Alliés, se couvrirent de gloire lors de la libération du territoire. Elles furent d’ailleurs complétées par des dizaines de milliers de résistants tout au long de leur progression à travers la France.

Mais dans cette armée française, point de « racialisme », de dénonciation du colonialisme, ni de repentance chez les Européens. Tous n’avaient qu’un seul but en tête : libérer la mère- patrie, la France. Tous avaient le sentiment de se battre pour une cause commune. Rien de semblable avec les comportements et les propos anti-français de certains immigrés qui se prévalent de la même origine. Ceux-ci n’ont pas leur place en France.

Ambition stratégique au petit pied

Parmi les 27 de l’Union européenne, la France est le seul pays à souhaiter une Défense européenne indépendante permettant à notre continent de s’affranchir de la tutelle américaine. Rien de surprenant !

Sait-on que la France, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, a créé, en 3 ans et alors que le pays était à reconstruire et que la guerre d’Indochine débutait, les organismes permettant de développer les bases de son autonomie stratégique dans des domaines clefs du nucléaire et du spatial[1] ? Les projets aussitôt lancés ont débouché 20 ans plus tard sur la force nucléaire de dissuasion et le lancement du premier satellite français.

Leur succès donne à la France une place éminente dans le monde au regard de la taille de sa population. Mais on est en droit de se demander quelles sont aujourd’hui nos ambitions dans les domaines clefs de l’intelligence artificielle, de la 5G et de la cybersécurité ? Quelles peuvent être les coopérations dans ces domaines et avec quels pays, sachant que rien de sérieux ne se fera rapidement à 27 ? Or c’est par une volonté inflexible et des efforts constants dans ces domaines essentiels qu’avec quelques nations nous éviterons d’être dépendants de la Chine ou des États-Unis.

Mais à l’heure où nos dirigeants prônent l’autonomie stratégique, ils s’avèrent incapables de préserver, face aux prédateurs étrangers, des pépites technologiques françaises telles que Photonis (vision nocturne), Souriau (interconnexion), Aubert & Duval (aciers très hautes performances et superalliages) pour ne se limiter qu’aux dossiers récents. On peut alors douter d’une volonté nationale de développer une véritable autonomie stratégique grâce à des coopérations européennes.

Il est plus que temps de mettre de la cohérence entre notre réflexion stratégique, les déclarations politiques et les actions sur le terrain. La confiance envers la classe politique est au plus bas. La cote d’alerte est atteinte !

La RÉDACTION de l’ASAF

www.asafrance.fr

[1] Le commissariat à l’énergie atomique créé en octobre 1945, le laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques de Vernon en mai 1946 et le centre d’essais d’engins spéciaux de Colomb-Béchar en avril 1947.

Le cas Veolia Suez ou l’illustration des failles du capitalisme à la française

Depuis l’affaire Alstom on a compris que pour conserver nos entreprises phares il faut retrouver un capitalisme vivant dans notre pays, c’est-à-dire faire rentrer dans les industries les produits de notre épargne.

Alstom avait fini, après une prise de participation de l’Etat pour la sauver, par accueillir comme actionnaire de référence le Groupe Bouygues.

Il a suffi que celui-ci veuille se désengager pour que le château de cartes s’effondre et que 70% d’Alstom soit vendu à General Electric… nous n’en finissons pas de regretter les solutions ainsi préconisées par ses dirigeants.

Suez n’est pas une industrie de production, mais c’est une grande société de services très technique qui a une grande compétence dans deux domaines d’aujourd’hui et de demain, l’eau et les déchets. C’est un des piliers de la Bourse nationale avec un Chiffre d’affaires de 18 Milliards et un résultat l’an dernier de 352 Millions, ce n’est pas une société en péril, elle est profitable, en croissance et chacun lui reconnait des activités de qualité très compétitives au niveau mondial. Sa fragilité, c’est la structure de son capital, son actionnaire de référence (30%) c’est le Groupe Engie, le reste étant réparti avec des italiens (Caltagirone) espagnols(Caixa) et des français dont des fonds comme Ardian. Pour des raisons qui le regardent Engie veut se débarrasser de cette participation, (comme Bouygues avec Alstom) et le concurrent Français, Véolia, se déclare candidat en prenant soin de ne pas en avertir Suez mais plutôt les pouvoirs publics pour avoir leur soutien. La justification de cette manoeuvre assez loin des pratiques habituelles c’est qu’Engie a comme actionnaire important l’Etat (23, 6%) et que cette opération ne peut se faire sans son autorisation. Cette opération inamicale obtient donc, « a priori » une bonne note du Gouvernement qui y voit du « sens » tandis que tous les professionnels français savent qu’elle va conduire à un démantèlement de Suez en France puisque les règles de la concurrence impliqueront la séparation du nouveau Grand Groupe des activités qui généreraient un monopole.

Il est clair que la présentation de la future OPA pour créer un champion national de l’eau et des déchets ne tient pas la route une minute, passer de 3 à 5% du marché mondial est un argument de vente dans une politique de communication pour les nuls. Il s’agit simplement de faire une opération capitalistique intéressante pour Veolia au détriment de l’autre société, de ses dirigeants et de ses salariés. Que ce soit bon pour les actionnaires de Veolia, c’est indéniable, bon pour Engie si le prix monte encore, c’est clair, bon pour les actionnaires de Suez c’est bien possible. En tous les cas cette opération sera excellente comme d’habitude pour les banques – conseils qui encouragent les fusions- acquisitions sans jamais regarder les conséquences sociales : le capitalisme à la française c’est aussi cette attitude des banques d’affaires. Du point de vue stratégique le résultat ne s’impose pas, une société autonome de l’eau en France aura le même sort que la troisième, la SAUR, qui passe d’actionnaire en actionnaire depuis dix ans en se rétrécissant.

L’intérêt de la France était donc de conserver les deux entreprises et de les faire prospérer, en continuant avec deux champions sans démanteler le second, mais il fallait alors trouver les ressources en capital français pour prendre le relais d’Engie qui voulait passer la main ! Mais depuis les privatisations ratées de Monsieur Balladur on refuse de se pencher sur ce problème essentiel : flécher une partie de l’épargne des français vers le secteur productif. Si bien que depuis l’annonce d’Engie de vouloir se dégager du capital de Suez, personne d’autre que Veolia, le concurrent, n’est venu se présenter, nous sommes alors dépendants du microcosme parisien ou de capitaux extérieurs. La trompette du « champion national » ne permet pas d’aller à l’étranger chercher les capitaux, les jours passent et la révolte légitime des dirigeants et des salariés de Suez va se fatiguer car il n’y a pas de capitalisme national, nous voulons jouer au capitalisme sans capital depuis des dizaines d’années et nous finissons toujours d’Alstom à Suez par trouver géniales des solutions imbéciles comme dans la fable de La Fontaine : ces raisins sont trop verts et bons pour des goujats. En n’acceptant pas de regarder les réalités en face nous affaiblissons notre pays.

Loïk Le Floch-Prigent

L'offensive Turque

A l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la victoire de Manzikert (victoire sur les Byzantins en 1071) Recep Tayyip Erdogan, a tenu un discours agressif, sans ambiguïté « La Turquie prendra ce qui lui revient de droit en mer Noire, en mer Egée et en Méditerranée […] Nous ne ferons absolument aucune concession sur ce qui nous appartient ». Le président turc a affirmé que « Pour cela, nous sommes déterminés à faire tout ce qui est nécessaire sur les plans politique, économique et militaire », enchainant de plus belle « Si nous le disons, nous le ferons et en paierons le prix. Ceux qui se dressent contre nous et qui sont prêt en en payer le prix, nous les attendons. Sinon qu’ils se retirent de notre chemin » … Face à un tel déferlement de provocations, de menaces, d’injures, notre pays se doit de prendre ses responsabilités en mettant des actes fermes à son soutien à la Grèce et dans la défense d’une certaine idée de l’Occident.

La France doit faire jouer tous les leviers de sa diplomatie amenant à l’isolement la Turquie sur la scène européenne et régionale. Il faut mettre tout notre poids dans la balance afin d’amener les principaux pays européens à réagir ensemble face à la menace turque, il est temps pour cela de relancer l’idée de l’Union de la Méditerranée ou bien d’une nouvelle Union Latine. Toujours en termes de diplomatie, il ne faut pas hésiter à peser au niveau de l’Otan pour que des sanctions, voir une exclusion, touchent la Turquie, là aussi nous devons mettre tout notre poids dans la balance comme par exemple notre sortie du commandement intégré de l’Alliance. Enfin, nous devons rappeler notre personnel diplomatique présent en Turquie.

Economiquement, la France doit mettre en place un « blocus économique » de la Turquie touchant importations et exportations entre nos deux pays, que l’on pourrait étendre aux pays européens ayant fait le choix de suivre la France. Il faudra aussi geler tous les avoirs turcs sur le territoire national.

Une des forces de la Turquie en Europe se trouve dans son émigration qui voit de fortes communautés turques installées dans de nombreux pays de l’Ouest, notamment en Allemagne et en France. Notre pays doit se préparer à renvoyer vers la Turquie tous les ressortissants turcs qui ne sont pas menacés par le gouvernement d’Ankara. Erdogan menace d’ouvrir les vannes migratoires et bien rendons lui la monnaie de sa pièce.

Sur le plan militaire nous devons nous préparer, en Méditerranée orientale à toutes les éventualités et nous devons, en accord avec Chypre et la Grèce, renforcer notre présence sur zone en moyens aériens et maritimes mais aussi en déployant des troupes au sol en basculant, vers Chypre ou en Grèce, dans un premier temps les troupes affectées à la mission Lynx actuellement dans les pays Baltes. Mais la France doit montrer à Erdogan mais aussi à d’autres pays qu’elle est prête à ne pas « se retirer du chemin » en frappant sur le « second front » que représente la Libye. La France doit intervenir et s’installer de manière solide et durable dans le pays de manière à assurer plusieurs missions :

 L’interception de toute logistique matérielle et humaine en direction du Sahel et des groupes armés islamistes.

 L’interdiction de tous trafics d’êtres humains en direction de l’Europe.

 Permettre une résolution du conflit Libyen en sortant la Turquie du jeu.

Cette intervention permettrait aussi de raffermir la position de la France en Afrique et de montrer à certaines puissances, comme la Russie et la Chine, que nous sommes encore (et toujours) des interlocuteurs de poids.

Avec cette situation la France a la possibilité de montrer aux pays européens, mais pas que, qu’elle n’a rien perdu de sa volonté à tenir ses engagements vis-à-vis de ses alliés et surtout qu’elle n’a rien perdu de son indépendance de décision et d’action vis-à-vis de l’Allemagne et autres vestiges des empires centraux. Peut-être trouverons-nous là l’étincelle d’une nouvelle construction européenne autour d’une Europe des nations.

Danrit

Image par skeeze de Pixabay

Image récupérée sur le site de l'auteur.