C
’ était mieux avant »:
« sur les réseaux, dans les conversations, cette petite phrase revient souvent. Mais derrière cet amour des souvenirs d’ antan se cache un phénomène universel: notre fascination pour le passé. L’ identité d’ un pays – et celle des êtres humains en général – se nourrit de mémoire; et dans ce monde fait d’ incertitudes, entre bouleversements économiques, politiques, climatiques ou technologiques, quoi de plus rassurant que de s’ accrocher à ces repères d’ autrefois?
S’ inspirér
Toutes les études réalisées ces dernières décennies sur le thème de la nostalgie le confirment: se replonger dans ces « bons vieux jours » nous fait du bien. En effet, se remémorer des instants heureux déclencherait dans nos cerveaux des sensations de bien-être – et cela, même lorsque certains souvenirs sont en réalité doux-amer, puisque celui-ci a naturellement tendance à édulcorer le passé. Ainsi, un parfum, une chanson, un film ou un objet d’ enfance peuvent suffire à nous donner le sourire et à nous procurer un sentiment de sécurité.
À Maurice, la nostalgie a un goût particulier. Letan lontan ne désigne pas une date précise, mais plutôt un imaginaire collectif: la douceur d’ une île avant les embouteillages, avant la course effrénée vers le développement, avant les plages publiques grignotées petit à petit par les constructions ou l’ érosion … Entre douceur et mélancolie, ce temps d’ autrefois idéalisé( et où tout semblait plus simple) invoque des images agissant telles des madeleines de Proust, source d’ un certain réconfort émotionnel.
Un passé toujours vivant
Les délicieuses pistas boui achetées sur le chemin de l’ école; ene ti sega improvisé sur la plage après un bon pique-nique; les après-midis passés à cueillir des goyaves; le sifflement familier du vieux deksi et le grincement de la ros kari annonçant un bon manzé mama; les journées cycloniques passées à jouer aux cartes … Tel un fil invisible reliant les générations, ces souvenirs nourrissent l’ identité mauricienne et agissent comme une boussole, surtout à l’ heure où le pays se modernise à toute vitesse.
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