24H LE MAG
HISTOIRES DE FAMILLES
� � �
La victoire de Pierre Levesque dans le Prix de France 2010 au sulky de Meaulnes du Corta( Voici du Niel) est encore gravée plus de quinze ans après dans la mémoire de son fils. " Je me souviens de cette victoire. À cette époque, son écurie comptait plusieurs cracks et a gagné trois années de suite le Prix d ' Amérique, rappelle Thomas Levesque. Il avait énormément de réussite. Quand on voit ça à l ' âge que j ' avais, on a l’ impression que c’ est facile. Avec les années, on comprend la somme de travail derrière pour arriver à de tels résultats."
MARCHER DANS LES PAS POUR AVANCER
" J’ espère marcher dans les pas de mon père." À la veille du Prix de Normandie-Étrier 5 Ans Finale au mois de juin l’ an dernier, Jérémy Van Eeckhaute ne cachait pas la force de l’ exemple que représentait ce qu’ avait réussi son père dans cette épreuve à la fin des années 1990 et au début des années 2000 avec Grâce Ducal( Ultra Ducal) et Lazio du Bourg( Tadzio de la Motte). Cette victoire de prestige s’ est fait attendre de six mois de plus. Mais il peut se prévaloir à son tour d’ être un entraîneur vainqueur de Groupe 1 dans un Prix de l’ Île-de-France que son père a justement remporté vingtcinq ans plus tôt, à l’ époque où il n’ était pas encore labellisé Groupe 1. " Ce sont des moments indescriptibles. On est transportés dans un autre monde, nous confiait-il plus de quarante-huit heures après le succès de Kapaula de l’ Epine. Il n’ y a que le sport et les courses hippiques en l’ occurrence pour faire vivre des sensations comme ça." S ' il est devenu l ' égal de son père, son héros, le fils reste mesuré au jeu des comparaisons. " J’ ai encore beaucoup de chemin pour faire tout ce qu ' il a réalisé au cours de sa carrière, juge-t-il. Il faut que je continue à m’ accrocher. Il y a beaucoup de gens talentueux dans ce métier qui n’ ont pas la chance de toucher un cheval comme " Kapaula " ou de gagner un Groupe 1. Ce n’ est pas pour autant qu’ ils sont moins forts que d’ autres."
� LE VOIR GAGNER À SON TOUR LE PRIX DE L ' ÎLE-DE- FRANCE EST UNE FIERTÉ ET UNE IMMENSE JOIE.( JOËL VAN EECKHAUTE) �
Quel regard porte le père sur la réussite de son fils? " Jérémy devait avoir 12 ou 13 ans quand j ' ai gagné le Prix de l ' Île-de- France. Le voir gagner à son tour cette course est une fierté et une immense joie, se réjouit Jérémy Van Eeckhaute. Quand tu te lances dans ce métier, c’ est avec dans un coin de la tête d’ accéder au plus haut niveau. Alors quand tu es récompensé par un Groupe, c’ est génial. Quand il m’ a annoncé qu’ il voulait en faire son métier, je ne pouvais pas dire non, même si on avait quelques craintes avec sa maman car ce métier est fait de hauts et de bas. Plus souvent de bas que de hauts d ' ailleurs. Mais on ne pouvait pas décider pour lui." S ' ils n ' ont pas décidé à sa place, tout a été fait pour l ' accompagner, encore plus dans les coups durs. Quand Jérémy s ' est accidenté- fracture d’ une vertèbre- sur l’ hippodrome de Strasbourg en avril dernier, la mobilisation a été immédiate et naturelle. Joël, qui sortait déjà quotidiennement quelques lots, est sorti de sa semi-retraite: " Avec l ' équipe, on a réussi à faire tourner l ' écurie, ce qui a permis à Jérémy de se concentrer sur sa convalescence, ce qui était très important ".
� � �
© ScoopDyga
Jérémy Van Eeckhaute à côté de son papa après le succès de Grâce Ducal dans l ' Île-de-France