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24H LE MAG

EDITORIAL

LES LOGIQUES ANTAGONISTES

LA RÉDACTION

C

' est l ' information de la semaine: le Prix René Ballière devient Groupe 2, sera désormais ouvert aux hongres et se disputera sur 2.700m. La raison principale pour justifier ce changement? Le constat de la tendance baissière de son nombre de partants, avec un record historiquement bas de huit concurrents l’ an dernier qui a conduit la commission du programme de la SETF présidée par Jean-Philippe Mary à le rétrograder en Groupe 2. L ' élu argumente: " On essaie de redynamiser son attractivité en changeant ses conditions, en l’ occurrence le passer sur 2.700 mètres et Groupe 2 pour pouvoir l’ ouvrir aux hongres." Oui, mais... Une telle décision peut-elle inverser une tendance née d ' un environnement multi-factoriel, qui résulte aussi de démarches antagonistes? D ' une part, il y a la logique de rentabilité à court terme de l’ élevage avec des compétiteurs mâles qui entrent jeunes au haras et en nombre toujours plus important. Leur capacité à combiner au printemps courses et reproduction est possible mais réduit statistiquement leur présence sur le circuit. D’ autre part, l’ offre est généreuse au top niveau avec notamment un programme étranger important. Une offre qui impose inévitablement des choix. Et il y a encore les exigences de l ' ultra performance, toujours plus fortes, véritable machine à abîmer les meilleurs. Les retraits ces derniers temps, provisoires ou définitifs, d’ Idao de Tillard, d’ Horsy Dream, d’ Hussard du Landret, participent à l’ évaporation de locomotives dans les Groupes 1. Tout ceci compose un ensemble. Les choix imposés à titre individuel aux entourages des meilleurs ont visiblement conduit à positionner le Prix René Ballière en cible non prioritaire. Parallèlement, et collectivement, la prospérité des courses et de l’ ensemble du système demandent pourtant de proposer des courses attractives, avec force partants- de préférence connus et donc capables de durer-, sur la table de jeu des parieurs. Le contexte est donc riche de contradictions entre les différentes logiques à l’ œuvre. Comment les combiner, les faire vivre dans l’ harmonie? " L’ harmonie est la conciliation des contraires et non l’ écrasement des différences ", selon Jean Cocteau. La prospérité de la filière doit combiner toutes ces logiques antagonistes et concilier les contraires: la rentabilité à court et long terme, la création de richesse immédiate et future, les intérêts individuels et collectifs. Les leviers sont multiples, les causes concomitantes et leurs interactions peuvent produire des effets inattendus. À l’ image du réchauffement climatique qui, par le bouleversement de certains équilibres, provoque ici ou là un refroidissement temporaire. Ce n ' est pour autant qu ' il n ' est pas réel.