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[ dépassement ] compagnons 19
Assemblage des pièces de fond et vérification des raccords.
Lors de l’ inauguration à l’ hôpital, de gauche à droite, Lyonnais, Camille et Gâtinais, Compagnon couvreur.
ciens ont compris que c’ était nécessaire. Je suis revenue reboostée et j’ ai terminé le travail avec détermination et davantage de sérénité. Sans cette pause, je n’ aurais jamais pu aller au bout.
GRANDIR PAR LES AUTRES Des amis tapissiers sont venus m’ aider, les couvreurs m’ ont soutenue pour les finitions et les anciens m’ ont accompagnée tout au long du processus. Je suis profondément reconnaissante pour leur soutien, pour les finitions en zinc réalisées par les couvreurs et pour l’ aide précieuse de mes amis tapissiers venus de Paris. Je ressens aussi beaucoup de gratitude envers mes parrains, Daniel Kauffmann, Alsacien la Fidélité, et Camille Fillon, Poitevine la Douceur, Compagnons tapissiers, ainsi qu’ envers Lyonnais et Champagne dont l’ aide a été décisive.
La fresque a été entièrement montée dans l’ atelier, puis posée en une après-midi avec l’ aide de Lyonnais et de son apprenti Ronan. Le système d’ accroche, similaire à celui d’ un tableau, permettait une installation rapide et une grande flexibilité. Chaque panneau peut être utilisé seul ou combiné aux deux autres, selon les besoins du service. Lorsque la fresque aquatique a été suspendue, j’ ai ressenti un immense soulagement. À l’ atelier, le rendu était prometteur, mais j’ ignorais ce que cela donnerait une fois installé à l’ hôpital. J’ ai eu un petit pincement au cœur en le voyant dans la salle d’ attente.
Le 22 juillet, jour de l’ inauguration, les anciens étaient présents. J’ étais profondément heureuse et reconnaissante. Voir les soignants sourire, Lyonnais et Ronan satisfaits et avoir à cette occasion auprès de moi l’ ensemble des personnes qui m’ ont accompagnée tout au long de ce travail, m’ a beaucoup émue.
CETTE ANNÉE M’ A FAIT GAGNER EN MATURITÉ. J’ AI COMPRIS QU’ IL NE SERT À RIEN DE SE DÉVALORISER: IL FAUT SE DONNER LES MOYENS.
Mais ce sont les retours des parents qui m’ ont le plus marquée. Ils m’ ont dit que c’ était beau, dans le fond comme dans la forme. Cela m’ a touchée de savoir que même les tout-petits allaient pouvoir attendre leurs soins dans de meilleures conditions. J’ espère que cette fresque les aide à canaliser leurs émotions dans ces moments difficiles.
Chaque fois que je revois la fresque, malgré ses imperfections, je suis heureuse d’ avoir réalisé quelque chose qui compte. J’ y ai mis tout mon cœur, toute mon énergie, parfois au détriment de ma santé. Mais je suis fière d’ avoir créé quelque chose de technique, de beau et surtout de profondément humain. Cette Réception, je l’ ai vécue comme une synthèse de mon parcours: un geste pour les autres, un défi personnel et une manière de montrer que notre métier peut être un vecteur de joie et de réconfort.
Cette année m’ a fait gagner en maturité. J’ ai compris qu’ il ne sert à rien de se dévaloriser: il faut se donner les moyens. Aujourd’ hui, je suis davantage sûre de moi, que ce soit en atelier ou sur les chantiers confiés par les entreprises. Même sur le plan personnel, j’ ai appris à communiquer, à collaborer, à m’ écouter. À 21 ans, j’ ai encore du mal à me projeter, mais je suis très contente de devenir Compagnon itinérante, avec l’ envie de continuer à aider les autres et à me dépasser. J’ ai eu la chance par le passé d’ être accompagnée par un Compagnon itinérant formidable et je sais qu’ il existe un vrai besoin dans mon corps de métier.
Depuis la rentrée, je suis sept jeunes à la maison de Lyon avec un autre Compagnon responsable et je compte leur proposer les méthodes pédagogiques qui ont bien fonctionné avec moi. J’ ai déjà été responsable, mais en tant que Compagnon, c’ est autre chose. Cette nouvelle étape s’ annonce très chouette et je suis enthousiaste à l’ idée de commencer!
Propos recueillis par Marie-Laure Gendron
# 353 / Septembre 2025