241030 - Journal #344 - BAT web | Page 18

18 compagnons [ découverte ]
Notre joyeuse équipe de stage . Démonstration par l ’ ancien .
Témoignage
Réalisation d ’ un échiquier .
J ’ AIMERAIS BEAUCOUP CONTINUER À ME PERFECTIONNER DANS LA TECHNIQUE DU STUC MARBRE ET L ’ UTILISER DANS MA VIE PROFESSIONNELLE À COURT ET MOYEN TERME
rencontre . Nous avons par ailleurs été invités à un repas convivial chez lui et sa femme Clotilde .
Je suis heureuse d ’ avoir pu découvrir un nouveau savoir-faire , et cela , d ’ autant plus qu ’ il est de moins en moins employé . J ’ aimerais beaucoup continuer à me perfectionner dans la technique du stuc marbre et l ’ utiliser dans ma vie professionnelle à court et moyen terme . Les autres itinérants plâtriers et moi-même , désireux de réorganiser un stage sur le même modèle , réfléchissons actuellement aux modalités du prochain .
Laurine Pichot Mantoise
Aspirante plâtrière
Alain Galoger , Le Courageux de La Tour-Blanche , Compagnon plâtrier
« J ’ avais déjà animé ce stage voilà six ans , avant mon départ en retraite , là aussi à la demande des itinérants de l ’ époque . Pour celui-ci , j ’ avais quelques appréhensions , parce que cela faisait longtemps que je n ’ en avais pas animé , mais tous étaient si motivés que je ne pouvais pas refuser . Finalement , j ’ ai constaté qu ’ animer un stage c ’ est comme le vélo : cela ne s ’ oublie pas ! Nous sommes peu d ’ anciens à maîtriser le stuc marbre . Les jeunes m ’ ont sollicité car certains chantiers que j ’ ai exécutés sont connus au sein de notre corps de métier . Ironie du sort : quand j ’ avais vu pour la première fois des stucateurs travailler à Strasbourg , je m ’ étais dit que ce n ’ était pas pour moi . C ’ est en pratiquant qu ’ un goût pour cette technique m ’ est venu .
J ’ avais une grande envie de faire découvrir aux jeunes cette compétence rare , principalement utilisée en restauration . Une entreprise parisienne en détient le quasi-monopole , mais elle ne souhaite pas transmettre ses secrets de fabrication . Les stucateurs ont toujours eu tendance à vouloir garder jalousement leurs techniques . J ’ ai toujours beaucoup apprécié de faire du stuc marbre , qui est à mes yeux le summum du métier , utilisé pour des bâtiments prestigieux : des hôtels particuliers parisiens , le palais du Luxembourg , le palais Bourbon , la cathédrale Saint-Pierre de Rennes … Dans les monuments historiques , on reproduit des marbres existants , alors que dans le contemporain , on a la liberté de créer des marbres totalement factices .
La base du stuc marbre , c ’ est de déterminer quelles teintes employer pour parvenir à la couleur désirée . J ’ ai expliqué aux jeunes comment procéder , puis je les ai laissés choisir l ’ esthétique de leurs réalisations ainsi que l ’ aspect du veinage désiré . Parmi celles-ci , on compte un damier , un pilastre ou encore une table . Mon idée était de leur laisser une certaine liberté pour les impliquer davantage : nous avons ainsi obtenu six stucs différents . Certains itinérants voulaient avoir un contrôle total du résultat , or il faut laisser la matière “ faire ”. Les veinages se forment d ’ eux-mêmes et il faut l ’ accepter . Si une couleur est décalée , ce n ’ est pas grave .
Les jeunes se sont montrés très attentifs , rigoureux , studieux et même forces de proposition . Je me suis employé de mon mieux à faire percevoir au groupe la finesse du travail afin qu ’ ils découvrent tous les débouchés du stuc marbre , soit une centaine de marbres différents ; chaque chantier nécessite un travail de recherche .
Je suis prêt à renouveler ce stage l ’ an prochain ! J ’ ai aimé remettre le pied à l ’ étrier après quelques années de retraite et j ’ ai été heureux de voir l ’ enthousiasme des jeunes à apprendre cette technique . »
# 344 / Octobre 2024