3 perspectives
ENTRE SPONTANÉITÉ ET RÉFLEXION
« e sage tourne sept fois sa langue
L dans sa bouche avant de parler ». Ce
proverbe , issu de la Bible et attribué à Salomon , permet au moins d ’ affirmer que l ' idée du sage qui réfléchit avant de parler remonte à loin dans le temps . Et pourtant , il nous est tous arrivé au moins une fois d ’ avoir réagi spontanément à une idée , une remarque ou que sais-je encore , et d ’ avoir eu , après réflexion , envie de remonter le temps ne serait-ce que de quelques instants pour modifier le propos échappé sans réflexion et trop rapidement . Mais nous nous sommes aussi , bien des fois , hâtés de répondre , parce que responsables , à des situations qui demanderaient de se poser d ’ autres questions ou d ’ avoir une analyse plus poussée et partagée sur la question initiale afin d ’ apporter la réponse la plus appropriée .
Les questions de nos interlocuteurs ne sont que très rarement spontanées et notre position de responsable nous expose très souvent à donner un avis rapide sur tel ou tel sujet , avec une attente très forte de notre interlocuteur sur la réponse « idéale » à la problématique posée qui apportera de l ’ eau à son moulin . Et pourtant , qu ’ il en faut de la réflexion pour mener à bien nos affaires aux impacts souvent importants sur l ’ avenir de la jeunesse que nous accueillons !
Je me faisais la réflexion lors de notre dernier séminaire du Devenir des métiers , où l ’ on me demandait de clore nos travaux , qu ’ il s ’ agissait sûrement du groupe de travail où il était le plus facile de conclure . En effet , ce groupe en perpétuelle réflexion sur le devenir n ’ impose pas d ’ apporter une réponse immédiate et toute faite , mais au contraire envisage quel peut être l ’ avenir de nos métiers et des personnes qui vont y évoluer . Même si je suis au sein de ce groupe l ’ élu de référence , je suis au même niveau de réflexion que les autres participants et personne n ’ attend de moi d ’ apporter la réponse , car elles sont toutes en construction .
QU ’ IL EN FAUT DE LA RÉFLEXION POUR MENER À BIEN NOS AFFAIRES AUX IMPACTS SOUVENT IMPORTANTS SUR L ’ AVENIR DE LA JEUNESSE QUE NOUS ACCUEILLONS !
La vivacité d ’ esprit de certains m ’ impressionne parfois , surtout quand l ’ affirmation me semble juste ou opportune . Mais il est des sujets qui demandent indéniablement de la réflexion avant d ’ y apporter une réponse , voire des réponses . Nous l ’ avons désormais acté ainsi lors de nos Conseils d ’ orientation où les questions dites « diverses » émanant des provinces et des métiers sont envoyées quelques temps avant la date de notre rencontre . Cela afin que nous puissions avoir le temps de la réflexion pour soit y apporter une réponse , car la chose est possible , soit alors engager un travail de recherche et d ’ analyse qui éclairera la réflexion , voire permettra d ’ explorer d ’ autres horizons .
Mais comme je l ’ ai évoqué plus haut , celui ou celle qui amène la question , est lui-même dans une démarche réfléchie ; il convient bien sûr qu ’ il soit en mesure d ’ apporter un ou des éléments de réponse qui permettront de commencer à construire ce qui deviendra la solution au problème posé . Car nous l ’ entendons parfois , il nous revient à nous , le Conseil , d ’ apporter les solutions aux problèmes posés ou parfois même d ’ anticiper les solutions : c ’ est bien cela que nous avons besoin de partager avec le plus grand nombre . Il ne s ’ agit pas là de fuir nos responsabilités . Parfois il conviendra de trancher des visions différentes , mais surtout de recueillir un maximum d ’ avis afin de réduire le risque de faire des choix inadaptés . Du coup , mon idée n ’ est pas forcément la bonne parce que c ’ est la mienne , mais parce que je l ’ ai partagée et qu ’ elle reflète aussi l ’ adhésion du plus grand nombre .
Bien sûr , arrivera ensuite la période des bilans liés à la décision prise . Sur cet aspect , il nous faudra toujours prendre en compte que l ’ orientation prise au moment correspondait à la situation de l ’ instant . Cette période de bilan ou de constat amène sans aucun doute son lot de « Vous voyez , je vous l ’ avais bien dit que cela ne marcherait pas … » ; il faut de toute évidence faire avec .
# 294 / Mars 2020