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3 perspectives

UN PARCOURS VERS L ’ ÉTAT DE COMPAGNON

C es dernières décennies , notre association a toujours été soucieuse de connaître en profondeur quel était l ’ aboutissement des efforts et des moyens qui y sont déployés , tant humains que financiers , pour former , perfectionner et accompagner la jeunesse qui vient à nous . Pour ce faire , de nombreuses enquêtes sont régulièrement effectuées , soit par des organismes extérieurs , soit par le biais de notre service Qualité en interne . Riches d ’ enseignements sur l ’ évolution de la société et sur notre fonctionnement , ces observations destinées également aux organismes qui financent la formation que nous dispensons , ne sont que trop peu ou pas utilisées en interne pour nous faire évoluer vers un compagnonnage du xxi e siècle auquel aspire la jeunesse .

Le travail d ’ analyse effectué par le service Accueil & accompagnement de l ’ association a clairement mis en évidence une baisse de nos effectifs , non pas en termes de recrutement voire d ’ Adoptions , mais bien au cours du voyage des itinérants entre la 2 e et la 4 e année . Cette prise de conscience autant que l ’ urgence à réagir face à nos difficultés à intéresser les jeunes à l ’ aventure du compagnonnage se sont traduites , entre autres , par la mise en place d ’ un groupe de travail sur « Le parcours vers l ’ état de Compagnon ». Celui-ci est constitué d ’ élus , de Compagnons sédentaires et de l ’ Institut de la transmission qui fera intervenir des jeunes à chaque rencontre ainsi que des personnalités extérieures . Leur premier travail était de déterminer l ’ objectif de ce projet .
En effet , nous recrutons et formons bien , mais paradoxalement nous ne savons plus accompagner dans la durée , d ’ où une baisse constante de nos effectifs itinérants dans pratiquement tous les métiers , ce qui devient dramatique pour la pérennité même de notre mouvement . En parallèle , l ’ évolution de notre société nous impose également de reconsidérer l ’ accueil et la vie dans nos maisons de Compagnons compte tenu de la diversité des jeunes accueillis tant en âge , qu ’ en maturité ou en expérience . Nous devons donc , sur une période à déterminer , faire évoluer en profondeur nos modes de fonctionnement en la matière en avançant de façon pragmatique et en rendant compte de nos travaux à l ’ ensemble des acteurs du Tour de France très régulièrement .
NOUS DEVONS , SUR UNE PÉRIODE À DÉTERMINER , FAIRE ÉVOLUER EN PROFONDEUR NOS MODES DE FONCTIONNEMENT EN AVANÇANT DE FAÇON PRAGMATIQUE ET EN RENDANT COMPTE DE NOS TRAVAUX À L ’ ENSEMBLE DES ACTEURS DU TOUR DE FRANCE TRÈS RÉGULIÈREMENT .
Nous pouvons nous appuyer sur le travail d ’ une journée effectuée il y a un an et demi par le groupe sur l ’ accueil et l ’ accompagnement , mais également sur différentes actions mises en place ou propositions faites en provinces ; les métiers n ’ étant pas en reste non plus d ’ initiatives de suivi et d ’ accompagnement . Enfin , utiliser « sans détourner la tête » les résultats des différentes enquêtes menées par le service Qualité qui recoupent la vision des jeunes et les retours des prévôts que nous rencontrons dans les communautés lors de nos déplacements . Ces constats dérangent bien souvent nos certitudes . Toutes ces actions dispersées et souvent sans lendemain ont besoin de lien et de liant . C ’ est l ’ objectif que nous nous fixons :
Reformuler le parcours initiatique pour une vie en compagnonnage .
Ne nous cachons pas qu ’ il va falloir être tenaces pour redonner un souffle à notre mission principale : former et accompagner des Compagnons du Devoir , donc des hommes et des femmes de métier comme nous l ’ avons toujours fait .
Le cheminement vers l ’ état de Compagnon tel que les jeunes le vivent aujourd ’ hui est-il toujours pertinent ? La question mérite d ’ être posée . Devons-nous transmettre l ’ enseignement compagnonnique à travers seulement deux moments initiatiques comme l ’ avait imaginé l ’ équipe de Compagnons à la création de notre association ou devons-nous repenser , réadapter notre modèle de transmission ? Sur ce point nous sommes en général unanimes : entre l ’ Adoption et la Réception il n ’ y a pas grand-chose et ces moments compagnonniques sont très ritualisés , figés dans la tradition , alors qu ’ ils devraient être en complète osmose avec ce que vivent les jeunes au quotidien . Nous sommes des voyageurs capables de nous adapter , il est donc de notre devoir de pallier ce manque et de revisiter notre parcours pour devenir Compagnon du Devoir !
# 293 / Février 2020